Blood Diamond

Beau diamant

Affiche teaser américaine. Warner Bros.

Sierra Leone. 1999. Solomon Vandy, un pêcheur africain père de famille, se voit séparer de sa famille lorsque des rebelles attaquent le village. Condammé à travailler dans les mines pour trouver des diamants, son fils se fait enrôler dans les rebelles et sa femme et ses deux autres enfants se cachent. Il trouve alors un diamant rose, diamant inestimable, mais le cache juste avant une attaque du camp et d’être envoyé en prison. Là-bas, Archer, un jeune contrebandier apprend qu’il possède un diamant rose. Il se lie avec Solomon et tous deux embarquent dans un dangereux périple, rejoint par une journaliste têtue, Mandy Bowen, pour retrouver le fameux diamant qui pourrait sauver la famille de Solomon et faire gagner beaucoup d’argent à Danny.

Leonardo DiCaprio et Djimon Hounsou. Warner Bros. France

Le nouveau Edward Zwick est loin d’être tendre et c’est tant mieux. Issu de ce nouveau genre "blockuster avec cervelle" qui vise à faire la lumière sur des pratiques jusqu’à là inconnu du grand public (Lord of war est un des premiers du genre), Blood Diamond parle du trafic des diamants de sang qui cautionnent la guerre civile. Certains y auraient vu le pire, Zwick y voit le meilleur. Et pour cause: il donne à son récit une âme et un cœur. Et ça c’était pas gagné vu le contexte. Mélange de bons sentiments et de réflexions sur les êtres humains, le racisme, la guerre et scènes de d’action, filmées nerveusement ce qui rajoute à l’intensité de l’histoire. On s’y croirait presque. Mais par dessus tout, Blood Diamond est un bon moyen de nous faire ouvrir les yeux. Et de voir la vérité en face, même si c’est triste. Zwick ne nous laisse pas le temps de digérer: mené tambour battant sur 2h20 (qu’on ne voit pas passé, soit dit en passant) le périple d’ Archer et de Solomon est passionnant, prenant. Et en plus de la dimension politique et morale, le réalisateur brosse des portraits d’hommes imparfaits mais humains. Archer, être sans moral et pourri, se voit torturer par une conscience trop longtemps absente. De l’autre côté, aussi différent que semblable Solomon va devoir se battre pour sauver sa famille. On n’a pas le temps de souffler, de respirer. La magie du cinéma opère. Superbes décors naturels, esthétisme soigné, réalisation intenseDommage juste que le réalisateur à la fin verse un peu dans les larmes. Reste le dernier point, inévitable et inoubliable: les acteurs. Leonardo DiCaprio, 32 ans au compteur, star montant depuis Titanic, a fait un détour de chez son pote Marty (comprenez Les Infiltrés et Gangs of New York) pour un nouveau rôle exceptionnel et ambigüe. Il nous manquait le bougre depuis novembre dernier: on avait hâte de le retrouver. Dans les Inflitrés il était brilllant, intense, attirant et lumineux. Et bien j’ai une mauvaise nouvelle :dans Blood Diamond il est toujours aussi exceptionnel, et donc de nous faire constater, après réflexion qu’il est bien le meilleur acteur de sa génération. Sans rire. Entre tous ces acteurs trentenaires et ces jeunes acteurs débutants, il est le meilleur. Troublant. A ses côtés, Djimon Hounsou, époustouflant et qui tient là son, ou un, de ses meilleurs rôles, et Jennifer Connelly, diamant égaré dans un monde de brute, a enfin un rôle à la hauteur de son talent. Exceptionnel.

Sanstomber dans le mélo malgré des bons sentiments parfois un peu appuyés, Zwick arrive à insuffler un souffle de beauté et de romantisme à cette dure aventure sur fond politique. Blood Diamond mérite le respect. Le respect d’avoir su raconter les faits. Le respect d’avoir bien maîtrisé son sujet. Le respect d’avoir fait une jolie fresque humaine mené par des acteurs incroyables. Et enfin, le respect d’avoir fait un bon film.

 

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