XXY (avant-première)

Chromosomes en folie

Inés Efron. Pyramide Distribution

Alex, 15 ans, voit débarquer d’anciens amis à ses parents, du temps où ils vivaient à Buenos Aires. La jeune fille qui cache un secret des plus troublants, se lie avec le fils de leurs invités. Entre eux, un lien se tisse….

Lucia Puenzo se démarque dès son premier film par sa maîtrise et sa maturité. XXY parle de la quête d’identité sexuelle d’une jeune adolescente à travers un problème peu voire même jamais abordé au cinéma : l’hermaphrodisme. Et si le sujet pouvait se prêtait à un traitement des plus "graveleux", il n’en est rien ici. Puenzo le traite avec pudeur, même si le film reste assez cru. Le public adolescent aura peut-être du mal à s’identifier à l’héroïne, Alex, mais "comprendra" la jeune fille. Après tout, elle fait, elle, aussi face à l’adolescence et la quête d’elle-même. Le public adulte, lui, compatira et partagera les doutes et soucis des parents, notamment du père d’Alex. Le film touche à d’autres sujets comme le manque de communication, l’homosexualité et la question de la "normalité". Un film porté par un sujet intéressant et très bien mis en scène mais qui souffre d’incohérence, de quelques clichés et d’un manque d’émotion. C’est ce que j’ai ressenti: pas grand chose. Impossible de s’identifier à Alex même si l’on partage quelque fois sa douleur. En revanche, l’interprète d’Alex, Ines Efron, bluffe totalement : pour son premier "grand rôle", elle offre une prestation habitée et torturée digne des plus grands. C’est d’ailleurs un des points positifs du film, en plus de la maîtrise et la justesse du scénario et de la mise en scène.

XXY, à ne pas mettre dans toutes les mains (plus de 15 ans conseillé), un film qui traite de l’hermaphrodisme sans jamais rien montrer tout en ne parlant que de ça. Lucia Puenzo va aller loin (on espère aussi loin que les pas de son père) ainsi que son actrice principale. Le film oscillant entre choc et émotion a gagné plusieurs prix à la Semaine Internationale de la Critique, qui récompense un premier long-métrage étonnant malgré quelques discordances (manque d’émotion, clichés…). Mais avant tout XXY pose le problème de la normalité dans un monde où l’anormalité est vue comme monstrueuse.


 

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