Le Mystificateur

Hayden le Mytho

Stephen Glass, tout juste 25 ans, est un des meilleurs chroniqueurs du New Republic. Mais il cache un secret que des journalistes vont tenter de percer.

Un film qui ne paye pas de mine quand on le voit dans les magasins, recalé dans les drames, presque caché. Et pourtant, Shattered Glass, du nom original, étonne. Ce biopic de Stephen Glass, inconnu en France, se révèle étonnament juste et sobre. On peut d’ailleur lui reprocher son conformisme. Mais cette histoire vraie aux airs de drame et thriller nous place dans un espace presque huit-clos, le siège du magazine. Et Billy Ray nous plonge dans une atmosphère étouffante, un brin oppressante, quand l’on comprend que Stephen Glass n’est pas un journaliste bon sous tous rapports. En plus du biopic, Le Mystificateur se révèle intéressant du côté journalistique, avec un jargon pas très simple à suivre au début. Le personnage de Stephen Glass prend un peu d’épaisseur psychologique, peut-être pas assez, certes. Mais on est déjà pris par cette (sombre) histoire qui se dévoile petit à petit, mettant en lumière un homme pas très sain d’esprit:mytho et fabuliste. Mais le point fort du film est sans doute sa pair d’acteur masculin: Hayden Christensen et Peter Sarsgaard. Le premier, fort du succès de la saga science-fiction archi-culte (on ne la citera pas) se révèle fragile et baratineur. Beaucoup mieux sur le plan prestation que le deuxième volet L’attaque des Clones où il était peu crédible. Hayden Christensen gagne en maturité et on a hâte de voir ce que son destin lui réserve. De l’autre côté, Peter Sarsgaard, peu connu du grand public, ce qui est dommage. Acteur révèlé par le culte Garden State, c’est toujours avec autant de plaisir que l’on regarde une des ses, rares, prestations. Quelques visages connus se baladent également: Chloë Sevigny, Steve Zahn et Rosario Dawson.

Le Mystificateur met en scène un milieu peu montré au cinéma et plutôt difficile à mettre en scène: le monde du journalisme. C’est à travers le biopic de Stephen Glass que le monde du journalisme et cinéma se croisent. Se transformant en thriller vers la moitié du film, Le mystificateur est l’occasion de retrouver au cinéma le trop rare Peter Sarsgaard et le jeune Hayden Christensen, alors auréolé de sa gloire nouvelle, qui une nouvelle fois tombe dans le côté obscur. Pour notre plus grande joie.



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