Les Fils de l’homme

Le coeur et l’âme de Cuaron

Clive Owen et Julianne Moore. United International Pictures (UIP)

Michael Caine, Pam Ferris et Clive Owen. United International Pictures (UIP)

 

Le monde en 2027 est mal barré. Le chaos règne, les femmes ne font plus d’enfants et l’homme le plus jeune (18 ans) vient de mourir. Théo, sans histoires, est contacté par son ex-femme qui lui demande de l’aide: récupérer des papiers et aider à conduire une jeune femme hors de l’Angleterre. Théo accepte ce qui va changer sa vie. Il va participer au sauvetage de l’humanité…

Son Harry Potter avait bouleversé la saga du même nom, dynamitant l’ambiance chaleureuse et bonne enfant de Chris Colombus. Et de faire un film vraiment pas mal du point de vue mise en scène et même le meilleur de la saga à ce jour. Quelques années plus tard, Cuaron mérite, une nouvelle fois, nos applaudissements. Beaucoup, beaucoup. Les Fils de l’homme est une réussite du genre. Magnifique. Sublime. Film d’auteur aux faux airs de blockbuster, Cuaron épate par sa mise en scène coup de poing. Filmé caméra à l’épaule, le film prend à la gorge dès les premières images. Ici les mots ne servent rien. Il dit tout sans paroles. Ne reste plus qu’un Clive Owen se tordant de douleur et de désespoir derrière un arbre. Ou encore un Clive Owen enfilant des tongs.

Cuaron filme avec son cœur et son âme. Il insuffle une humanité qui manquait cruellement au genre et au cinéma tout court. Touchant à plusieurs genres (drame, SF, thriller, guerre), Les fils de l’homme ne souffre d’aucuns effets qui auraient pu alourdir la réalisation ou l’histoire. Cuaron se concentre au plus près des personnages et de la trame. De cette simplicité, le film en tire toute sa beauté. Certaines scènes sont même des bijoux accompagnées de musiques loin d’être pompeuses et d’une profondeur d’âme intense (le travelling suivant Clive jusqu’au haut de l’immeuble, ou la sortie de l’immeuble devant les soldats avec la jeune femme et son trésor caché).

Les fils de l’homme est une renaissance. Celle d’un cinéaste qui s’était essayé à Harry Potter en 2004 sans complètement marquer les esprits, celle d’un cinéma en panne de coeur et celle d’acteurs. Acteurs aux magnifiques rôles: Clive Owen d’une intensité et d’une grandeur rare, Julianne Moore éclairant de sa grâce un monde en pleine déchéance, Michael Caine personnage à la fois drôle et douloureux nous laissant un numéro d’acteur épatant, et la révélation lumière, Claire-Hope Ashitey.

Les fils de l’homme est un écrin où Cuaron a mis le plus beau des bijoux : entre amour, humour, action et drame, il a réalisé un (grand) film d’auteur profond doté d’un cœur et d’une âme. Clive Owen y est magistral, peut-être son meilleur rôle. Nerveux, on entre sur la pointe des pieds dans ce film surprenant, qui tait ce qui ne se dit pas, mais le montre dans un regard, un sourire, un geste.  M. Alfonso Cuaron est devenu un grand cinéaste. C’est pas tous les jours qu’on a un film comme ça. Un privilège. Et pour le résumer, Les Fils de l’homme c’est tout simplement une belle leçon de vie.

Affiche américaine. United International Pictures (UIP)

Affiche française. United International Pictures (UIP)

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