Alpha Dog

Sex, drugs and kidnapping

Justin Timberlake et Emile Hirsch. Metropolitan FilmExport

Johnny Truelove est un fils de riche qui "dirige" une bande de jeunes, issue eux-aussi de la jeunesse dorée américaine. Ils ne travaillent pas, se droguent, jouent aux caïds, et se la jouent "dealer". Mais Jake n’a toujours pas remboursé Johnny pour la drogue qu’il lui avait filé. Johnny et sa bande enlève le petit frère de Jake, un gamin de 15 ans qui étouffe à la maison familiale. C’est Frankie qui se charge de surveiller le gamin. Ce n’est pas vraiment un enlèvement pour eux: Zack ne cherche pas à s’enfuir, alors Frankie l’emmène à des fêtes, lui présente des ami(e)s, lui fait découvrir un autre monde, celui auquel ses parents ont tenté de le soustraire. Mais voilà, Johnny apprend qu’un enlèvement est puni par la prison à vie. Le gosse a disparu trois jours, les flics et ses parents le cherchent. Tout dérape petit à petit et chacun fait face à sa conscience…

Nick Cassavetes est loin de la romance N’oublie jamais (avec Ryan Gosling et Rachel McAdams). A cent lieues même. Ici, bienvenue dans la jeunesse dorée américaine, libérée de tout contrôle parental, qui n’en fait qu’à sa tête, couche avec tout le monde, boit, fume de l’herbe à tout moment de la journée. Le début, vulgaire et assez inexistant, fait entrevoir rapidement les thèmes du film. L’intrigue se dessine, les enjeux aussi, l’étau se resserre sur les protagonistes et les consciences s’éveillent. Tirée d’une histoire vraie (les noms ont été changés et les lieux aussi), le fait divers trouve une vraie profondeur à travers certains personnages et le dénouement qui bénéficie d’une scène intense sur le fil du rasoir. Dommage que certains personnages (comme Johnny Truelove ou Jake Mazursky) ne sont pas assez présents, malgré leur grande importance. Au delà du simple portrait d’une jeunesse bourrée aux as, Cassavetes fils parle de conscience, de parents (absents ou trop présents), de violence et de vie. On est loin des films teenage auxquels Alpha Dog peut faire penser, au début du moins, que le film se donne au début. Bien ficelé, bien mis en scène, le récit des plus réalistes montrent bien l’horreur de ce fait divers qui bascule dans le pur drame. Son parti pris, il ne le cache pas et en ferait presque une sorte de documentaire. A travers cette histoire, Nick Cassavetes tente de cerner la jeunesse contemporaine et d’expliquer la violence des jeunes. A défaut de vraies explications, Alpha Dog, drame assumé, brosse un portrait de jeunesse américaine qui fait froid dans le dos. Mais la plus grande force de ce film, est son casting, en dehors des grands Bruce Willis et Sharon Stone (parfaits). On retiendra quatre noms: Ben Foster, découvert dans X-Men III, qui là est absolument renversant en nazi camé (on y croit vraiment); Justin Timberlake, qu’on attendait au tournant, qui est la seconde révélation du film, en jeune à la conscience qui le démange; Anton Yelchin, vraiment très juste en gamin de 15 ans (il en a 17) et Emile Hirsch, qui avait ses preuves dans Les Seigneurs de Dogtown, qui a ici un rôle un peu effacé mais aui arrive à montrer les différentes facettes de la complexité du personnage. Tous les quatres sont programmés pour rester.

Alpha Dog tiré d’un fait divers de 1999 n’est pas qu’un film de jeunes. Il est aussi une autopsie d’une jeunesse dorée qui en vérité est perdu. Si on regrette que la dimension psychologique ne soit pas plus poussée, on peut dire et ce, à juste titre, qu’Alpha Dog est un drame sur la violence et la conscience. La présence de Emile Hirsch, Ben Foster, Justin Timberlake et Anton Yelchin ne sont pas pour rien dans la réussite du film. Ils sont promis à un brillant avenir.

Affiche américaine. Metropolitan FilmExport

Affiche française. Metropolitan FilmExport


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