My Blueberry Nights

Les meilleurs tartes aux myrtilles sont chez Wong Kar-Wai

Norah Jones et Natalie Portman. Mars Distribution

Jude Law. Mars Distribution Rachel Weisz. Mars Distribution

Elizabeth, jeune femme américaine, sort d’une rupture douloureuse avec un petit ami qui l’a trompé. Elle trouve du réconfort dans le diner de Jeremy, qui lui offre de la tarte aux myrtilles. Au bout de quelque temps, n’arrivant pas à surmonter cette rupture, elle part. Visite les Etats-Unis, rencontre des gens qui s’aiment et se déchirent. Des rencontres qui la changeront.

Le Wong Kar-Wai américain dépasse nos espérances. Certes c’est d’une autre trempe que ces précédents grands films (Happy Together, Chunking Express, In the mood for love, 2046 ceux que j’ai vu ). Mais pas tellement. La patte Wong Kar-Wai est reconnaissable sur à peine 5 minutes de films. Les flous, les ralentis, les couleurs rouges et vertes, la mise en scène souvent à travers des vitres, vue par des miroirs ou centrée sur les pieds et puis le thème central: l’amour. Le cinéaste asiatique est le seul à savoir aussi bien raconter les histoires d’amour, qu’elles commencent ou qu’elles finissent, qu’elles soient entre deux hommes ou un père et une fille. Ceux qui ne connaissent pas l’oeuvre du cinéaste seront déconcertés. Les autres, au contraire, apprécieront de retrouver son esthétique et sa maîtrise. On le dit très minutieux (il n’hésite pas à refaire des dizaines et des dizaines de prises pour un plan, il met des années pour peaufiner chacun de ses films) et ce n’est pas ce nouveau film qui va le faire mentir. C’est Darius Khondji qui prend la place de Christopher Doyle en tant que directeur de la photographie, mais le résultat est tout aussi excellent. Quand au film en lui-même, il se révèle être une ravissante comédie romantique et dramatique sur les airs mélancoliques de Norah Jones. C’est poétique et dévastateur (les scènes de Rachel Weisz absolument remarquables et dures), magnifique et touché par la grâce. Le côté romance n’est pas mélo puisque Wong Kar-Wai fait entrer (comme à son habitude) le thème de l’amour impossible et même ici de la mort. Le film nous plonge dans une Amérique de quartier, bruyante et mélancolique, pas si éloigné des lieux que fréquentés Tony Leung dans 2046. Jude Law, le beau gosse américain, renoue avec ses rôles plus fins que ceux des comédies romantiques banales. Il est fascinant, brillant et le maître WKW utilie à merveille sa belle gueule. Norah Jones, novice dans le métier, s’en tire avec les honneurs. Sa délicate maladresse et son innocence font des ravages. Rachel Weisz, Natalie Portman et David Strathairn, trois grands acteurs confirmés, offrent de grandes prestations, notamment Rachel Weisz lors du plan fixe (bouleversant) où elle pleure son mari. Alors, oui, on peut enfin le dire, le talent de Wong Kar-Wai n’a pas souffert de son américanisation. Et c’est tant mieux. Vivement le prochain…

Si la nouvelle oeuvre de Wong Kar-Wai est moins ambitieuse que les précédents (In the mood for love, 2046), la qualité, elle, ne l’est pas. L’esthétique du film est renversant avec la mise en scène du maître. L’histoire, elle, oscille entre sourires et larmes et on ressort le coeur gros comme ça. WKW tire de cette comédie romantique et dramatique des émotions à fleur de peau, brutes, rendues par la grâce de 5 grands acteurs: Norah Jones, Jude Law, Rachel Weisz, Natalie Portman et David Strathairn. Moins ambitieux mais plus accessible, plus proche. D’où cette avalanche de sentiments qui nous assaillent. My Blueberry Nights est la meilleure comédie romantique de l’année et par l’occasion, un beau film qui devrait toucher tous ceux qui ont un coeur.


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