7h58 ce samedi là

"Puisses-tu atteindre le paradis une demi-heure avant que le diable n’apprenne ta mort"

Philip Seymour Hoffman et Ethan Hawke. UGC Ph

7 h58. Samedi. Un cambriolage dans une bijouterie. Deux coups de feu. Un mort. Une voiture qui démarre sur les chapeaux de roue. Une famille qui vole en éclats à 7h58 ce samedi là.

On admirera une nouvelle fois le talent des français pour traduire les titres des films étrangers (ton ironique). Before the devil knows you are dead devient 7h58 ce samedi-là. Comme le titre ne l’indique plus, cette phrase est tirée d’un proverbe irlandais. Cette phrase pourrait s’appliquer aux Hanson. Arriver au paradis avant que le diable ne les trouve, c’est tout ce qu’on leur souhaite. Car dans ce thriller mâtiné de drame aux airs de faits sociaux, le film de Sidney Lumet surprend. Ce qui paraît simple (un cambriolage qui tourne mal) au départ trouve rapidement un souffle nouveau. Se focalise sur les motivations, les peurs, les doutes, les espoirs des personnages. Avant de les entraîner irrévocablement dans une chute tragique. Rapidement on est hâpé dans cette tragédie familiale noire qui met en scène des personnages aux multiples failles. Humains. Avec un grand H. Des personnages qu’on ne peut aimer entièrement et qu’on ne peut détester. Malgré leurs actes. La musique très belle, voit l’histoire se nouer sous formes de flash-backs vus de différents points de vue.Sidney Lumet aurait pu se passer de ce procédé, qui par moment, alourdit l’histoire. Mais le cinéaste prouve qu’après plus de 50 ans de carrière il est toujours au top. Comme dans Family business, aime à montrer les liens du sang. La famille. Des hommes et femmes qui se débattent contre le sort qui s’anarche sur eux et leurs propres misérabilités. Et pourtant, dans ce 7h58, vous ne croiserez aucun misérabilisme. Ni rien de manichéen. Juste des humains. Violent dans ses idées et les questions qu’il soulève, 7h58 ce samedi là fait partie des grandes tragédies humaines. Mais Sidney Lumet a avant tout l’immense talent de savoir diriger ses acteurs. Ici, ils sont trois hommes. Le grand Philippe Seymour Hoffman, épatant et oppressant, Ethan Hawke qui livre une prestation magistrale tant il est misérable et perdu, Albert Finney, père réclamant vengeance qui bouleverse et effraie dans la dernière scène.C’est dérangeant, cruel, ironique. Du grand cinéma.

UGC Ph

 

2 thoughts on “7h58 ce samedi là

  1. Je suis absolument d’accord, ce film est un chef-d’oeuvre et prouve que la belle créativité du vieux Lumet est toujours aussi vivace!

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