Libero

L’enfant

Barbora Bobulova et Kim Rossi Stuart. MK2 Diffusion

Si l’on parle beaucoup du renouveau du cinéma allemand, il serait injuste de passer sous silence le cinéma italien qui, de Nanni Moretti au brillant Romanzo Criminale, sait toucher juste. C’est le cas pour la première réalisation du beau Kim Rossi Stuart, déjà à l’affiche de Romanzo Criminale. A lecture du synopsis on pouvait douter: Les relations entre un jeune garçon de 11 ans et son père qui l’élève seul avec sa soeur, la faute à une mère absente, qui va et qui vient. La famille malgré toute ses faiblesses et leurs fêlures, comme dans toutes les familles, se serrent les coudes, tentent de survivre. Les rapports familiaux ont a déjà vu ça, sous tous les angles…ou presque. Car là, surprise, dès les premières minutes, Kim Rossi Stuart donne le ton: loin des clichés, tendre et réel à la fois, le cinéaste-comédien insuffle une humanité rare dans ses personnages, fascinants et terrifiants à la fois. Du père qui passe de la tendresse à des crises de colères verbales plutôt effrayantes à la mère, angélique aux premiers abords, qui part comme ça, puis revient, le film emprunte le point de vue du jeune héros Tommy. Tommy, 11 ans, qui encaisse, qui doit endosser un rôle d’adulte alors qu’il n’est qu’un enfant. Du coup, le film n’en ressort que plus dramatique, plus juste et l’émotion est double. Dérangeant, comme une claque dans la figure, Libero vient bouleverser tous les clichés du genre, apportant un souffle nouveau aux relations familiales au cinéma. Mais Libero, c’est avant tout le regard de cet enfant, Alessandro Morace d’une tristesse infinie, la violence d’un Kim Rossi Stuart qui a rarement était aussi bon et la blondeur de Barbora Bobulova, bouleversante et horrible à la fois. Film rare, cinéaste rare et acteur rare.

MK2 Diffusion


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