Hancock

Hancock mode d’emploi

Will Smith. Sony Pictures Releasing France

Hancock est un super-héros pas comme les autres: il est alcoolo, clodo, n’aime pas les gens, est vulgaire et quand il essaye de faire son boulot – sauver le monde – il le fait avec beaucoup de dégats. Résultat: les gens finissent par se lasser de lui et il devient la bête noire de la ville. Jusqu’à ce qu’il sauve Ray Embrey d’une mort certaine. Celui, bossant dans la communication, décide de faire de lui une star, un super-héros adoré et acclamé à corps et à cris par le public…

Peter Berg après avoir réalisé le film engagé Le Royaume, met ici en scène son propre super-héros. Pas un de Marvel attention, Hancock, le vrai, le seul, l’unique. Avec lui, Berg tend à parodier les autres héros puisque le sien boit, jure et "sauve" le monde bourré. Forcément c’est drôle, donc forcément on rit, et voilà tis pas que le film commence drôlement bien. Sauf que, et c’était à prévoir, le film ne va jusqu’au bout de sa position politiquement incorrecte. Mais on ne peut taxer Hancock de film complètement innocent puisqu’en passant Peter Berg écorche les sociétés multinationales américains qui ne jurent que par l’argent et la société d’aujourd’hui. Vers la moitié, le film devient moins drôle et joue sur la corde sensible. Ca marche, un peu. Et puis hop, un twist qu’on attendait pas. Alors là, le film emprunte un tout autre virage avec histoire mystique qui remonte à des millénaires, recherche de soi-même et histoire d’amour impossible. Pas aussi réussi que la première partie mais le charme de Will Smith, de plus en plus sensible fait le travail. Caméra en mouvement dans toutes les situations, le réalisateur arrive à échapper à la mise en scène typique. Hancock est donc plus réussi que loupé et peut se targuer d’être le meilleur blockbuster du mois de juillet pour le moment (mais attention Wall E et The Dark Knight approchent!). Aussi accessible aux enfants qu’aux adultes, le film remplit sa mission, qui tout compte fait, n’est pas si différente des autres super-héros. Bon, ici, les pouvoirs en eux-mêmes sont moins importants mais le réalisateur a travaillé le côté émotionnel d’Hancock – comme pour Spiderman, Superman, X-Men, Batman…
Mais Hancock peut remercier Will Smith de lui avoir prêter ses traits: l’acteur est tout simplement génial, jamais cabotinant, à la fois drôle, fragile et replié sur lui-même. Jason Bateman, qui mérite le succès, est de nouveau excellent après Juno, en père de famille – agent d’Hancock un peu largué et idéaliste. Charlize Theron, toujours aussi belle, touche féminine du film (il en faut toujours une) est la "révélation" du film – ceux qui l’auront vu comprendront. Hancock a fait un carton, et c’est justifié, même si il ne va pas au bout de ses promesses.


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