Amores Perros (Amours chiennes)

C’est quoi l’amour?


 

Lors d’un grave accident de voiture à Mexico, l’entrevêtrement de trois vies: celle de Octavio qui veut partir avec la femme de son frère, celle de Daniel qui a quitté sa famille pour une mannequin et El Chivo, un tueur à gages vivant comme un clochard qui cherche à renouer le contact avec sa fille.

C’est quoi l’amour? Cette vaste question est inscrite sur la jaquette du dvd. Avec ce premier film, présenté à la Semaine de la critique en 2000, Alejandro Gonzales Inarritu ne cherche pas à y répondre, mais plutôt à raconter plusieurs visions de l’amour à travers ses personnages. On sent bien l’influence que Amores Perros a eu sur ses films suivants, notamment 21 grammes, où un accident de voiture est encore au centre de l’histoire. Inarritu est un génie, mais c’est subjectif, bien évidemment. Je ne peux résister au fait de dire après avoir (enfin) vu ses trois films qu’il est le jeune cinéaste le plus intéressant depuis des années. Chacun de ses films accroche toujours autant. Il a  l’extraordinaire pouvoir de parler d’humains, des vrais de vrais, avec de la chair, du sang et toutes les condractions qui les anime (l’amour, la haine, la violence, la jalousie…). Amores Perros n’est peut-être pas son meilleur film, pas le plus abouti, quelques longueurs mais sans réelle importance, mais il marque d’une croix blanche le cinéma, mexicain et pas seulement. L’épure des sentiments, de la complexité de l’homme, de sa souffranceSa mise en scène est encore plus vibrante que ses deux films américains suivants (21 grammes, Babel), la caméra est toujours en mouvement, le film est brut, nerveux, transmettant la fièvre dans laquelle les protagonistes se débattent. Notamment un des plus réussis, celui d’Octavio joué par l’inconnu d’alors le beau Gaël Garcia Bernal qui a ici son premier grand rôle. Les autres acteurs sont aussi excellents: Goya Toledo, Alvaro Guerrero, Jorge Salinas, Vanessa Bauche et Emilio Echevarria.
Amores Perros parlent bien d’amours chiennes, mais aussi d’amour et de chiens. C’est aussi un film dur et brutal sur un Mexique pauvre et violent, où il est difficile de s’en sortir. Mais malgré tout l’amour est le principal thème du film. C’est quoi l’amour? Inarritu n’y répond jamais, c’est tant mieux, puisqu’il continue à rechercher des pistes dans chacun de ses films.
 

 

 

 

 

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