Un Tramway nommé désir

Passion et désir
tramway

 

Blanche Dubois vient rejoindre sa soeur, Stella, qu’elle n’a pas vu depuis longtemps en Nouvelle-Orléans. Dévastée, elle lui apprend qu’elle a perdu leur maison de campagne, Belle Rêve. Elle décide de rester quelques jours, semaines peut-être chez sa soeur, si ça ne la dérange pas, elle et son mari. Stanley, le mari, un polonais d’origine, ça le gène un peu, surtout qu’il n’aime pas les manières distinguées de Blanche.

Marlon Brando, 27 ans, beau comme un dieu, mais violent, mal élevé, une espèce d’animal plein de passions et de désirs. C’était en 1951 dans l’adaptation de la pièce de Tenessee Williams par Elia Kazan: A Streetcar named desire. Ce n’est pas léger, les histoires de Williams, grand dramaturge américain. C’est sale, noir, violent, et ça décrit une Amérique sans valeurs où les êtres humains, pleins d’ambiguïté, sont torturés. Ici, c’est encore plus flagrant que dans La Chatte sur un toit brûlant (également adapté au cinéma par Richard Brooks avec Paul Newman et Elizabeth Taylor). L’atmosphère est lourde, de plus en plus irrespirable, et les personnages sont fascinants: c’est ça le problème des personnages bancals, fragiles, ils nous fascinent parce qu’ils sont en quelque sorte le miroir de l’humanité en plein déchéance, telle Blanche Dubois, jeune femme mystérieuse, fragile, qui tombe si facilement dans la folie la plus pure et la plus effrayante. Vivien Leigh, qui venait de tourner Autant en emporte le vent, campe ici le contraire de Scarlett O’Hara. Elle est magnifique de folie, elle fait peur, elle serre le ventre aussi avec ses grands yeux apeurés. Mais sa prestation, enflammée, fiévreuse, est tout à son honneur. Brando lui fait face avec une force animale, brute, qui contraste avec la fragilité mentale (et physique) de la jeune fille. C’est un jeu de désir entre eux, bien qu’à moitié inavoué, qui finira avec un non-retour de Blanche. Un Tramway nommé désir est un film d’une grande noirceur mais aussi un film ambitieux et audacieux: imaginez dans les années 50 sortir ce film! Mais celui-ci n’a pas pris une ride, preuve que l’être humain est toujours le même, aussi ambivalent et contradictoire. C’est un grand moment de cinéma et d’acteurs. Le genre de film qui frappe par sa force. C’était il y a à peine 50 ans et ça reste inégalé.

 

 

 

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