Valse avec Bachir

La mémoire d’Ari Folman

New Israeli Foundtion for Cinema & Television

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Ari Folman rejoint un ami à un bar, une nuit. Celui-ci ne trouve pas le sommeil en raison d’un cauchemar récurrent où 26 chiens le pourchassent. Les 26 chiens qu’il a tué pendant la guerre du Liban. Mais Ari, lui, ne se souvient de rien, hormis d’une scène sans doute imaginaire: que s’est-il passé pendant cette guerre? Qu’a-t-il fait? A la recherche de sa mémoire, Ari va retrouver d’anciens amis eux-aussi soldats et commencer à entrevoir la réalité.

Valse avec Bachir est un film sur la mémoire mais pas seulement. Se plaçant à hauteur d’homme, Ari Folman (le réalisateur) se met en scène, de façon autobiographique, en homme recherchant sa mémoire perdue, celle qu’il a laissée au Liban pendant la guerre où il était soldat. Mais si Valse avec Bachir n’était que ce là, il n’aurait sans doute pas eu tant de succès. L’originalité est d’avoir réalisé un film d’animation et non un film en prises de vues réelles. Tout commence avec le cauchemar d’un ami d’Ari Folman. Celui-ci va alors se poser des questions et essayer de reconstituer ce qui s’est passé pendant la guerre. A partir des interviews de ces « camarades » soldats et de bribes de sa propre mémoire, un puzzle se met en place et délivre une réalité terrible: celle d’une guerre, trop oubliée, dont on ne parle pas assez, mais qui a tué des milliers d’innocents. Valse avec Bachir propose donc un éclairage intelligent et original sur cette guerre dont on ne connaît pas grand chose (personnellement je ne la connaissais pas) sans tendre à en faire un film de guerre pur. Le film de Folman reste un film d’humains, ceux qui ont survécus, ceux qui ont tué, ceux qui sont morts, ceux qui se sont battus. Il pose aussi la question de ce que ces hommes soldats sont devenus, souvent prisonniers de leur souvenirs (l’homme au cauchemar des chiens par exemple) ou se refusant à se rappeler (Ari Folman). Avoir choisi le film d’animation donne une poésie (plusieurs scènes oniriques notamment) et une liberté que le film n’aurait pas pu avoir si filmé avec des acteurs. Entre le documentaire et la fiction, Valse avec Bachir réussit son pari d’émouvoir, d’interroger, de secouer et de constater que la guerre est inutile, sauf à détruire tout ce qu’elle touche. Le final, dur et violent par sa rupture avec le reste du film (images d’archive) laisse un goût amer et de cendres dans la bouche. Tant qu’il y aura des hommes, il y aura des guerres. Il ne faut pas fermer les yeux sur celles passées, mais les affronter, comme le fait Ari Folman dans cette œuvre terriblement intimiste. L’homme face à ses démons, ses propres peurs, souvenirs. Indispensable.
 

 

DVD offert par le site Chez les filles. Merci !!!

 

 

 

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