Etreintes brisées

Les étreintes de Penélope et Almodovar

Penélope Cruz. Sony Pictures Classics

Penélope Cruz et Lluis Homar. Sony Pictures Classics
 

Mateo Blanco était un réalisateur reconnu. Était. Car en une nuit, sa vie a changé. Lena, la femme qu’il aimait plus tout, morte, lui, aveugle. Il décide de repartir dans la vie avec un nouveau nom, Harry Caine, et sans jamais parler ou se souvenir de ce qui s’est passé avant l’accident. Mais un jeune homme refait surface dans sa vie, le confrontant, lui et ses proches, à un passé encore présent, tapi dans les mémoires depuis 14 ans.

Un nouveau Almodovar est une célébration. Après le bouleversant Volver, il revient avec ses Étreintes brisées, film de chair et de passion sur le cinéma et l’amour. Le film est mélancolique, lent, avance à pas feutrés dans une narration, à priori complexe mais qui se révèle simple au final, ne conservant que des bribes, la passion qui anime deux êtres, l’essentiel de cette histoire d’amour. Celle de Lena et Mateo/Harry. Mais aussi celle d’Almodovar et du cinéma. Il va jusqu’au bout, osant ce que beaucoup n’ose pas. Il transforme Penélope en Audrey Hepburn, joue avec les références des mélos dramatiques et nous fait un clin d’oeil magnifique: en effet, le film que Lena et Mateo tourne, ressemble beaucoup à un certain Femmes au bord de la crise de nerfs d’un cinéaste dont je tairais ici le nom. Le réalisateur espagnol vogue entre le thriller, le drame passionnel et la comédie, empruntant des chemins qui se croisent pour livrer une œuvre passionnante et sublime. Peut-être quelques longueurs vers la fin. Mais la passion contenue dans le film submerge peu à peu ces personnages, le trio maudit – Lena, Ernesto, Mateo -, devant nos yeux, dans une valse dangereuse et attirante. C’est un film fait d’étreintes, étreintes d’amants, étreintes d’une mère et d’une fille, étreintes trompeuses, amoureuses, déchirantes, auxquelles les personnages s’agrippent telles des bouées, pour ne pas sombrer. Almodovar séduit par la beauté de son œuvre, sublimant les scènes où sa muse apparaît. On ne voit qu’elle. Elle irradie ces Étreintes brisées, magnifiée et sublimée par le cinéaste. Celui-ci est définitivement un metteur de scène de femmes. Penélope Cruz, sensuelle et troublante, fragile et amoureuse, incarne une Lena parfaite. Certaines de ses scènes sont des bijoux de cinéma, des moments précieux et intenses que seul Almodovar pouvait nous offrir.
Almodovar n’a de cesse de nous manipuler, de nous interroger et de réaliser un film entier, qui donne tout, trop même pour une seule vision. Plus sombre et complexe que Volver, mais moins réjouissant aussi et moins accessible, Étreintes brisées est un film sublime d’Almodovar, peut-être pas son meilleur, mais diablement bon.
 

Sony Pictures Classics

 

 

 

 

7 thoughts on “Etreintes brisées

  1. je n`aime pas trop penelope, il ya desa utres comediantes espagnoles meilleures, comme carmen saura, mmdme bardem, et meileur menem que almodovar.

  2. Très beau film d’Alvodovar je trouve aussi, classique certes, mais superbement maitrisé. =]

    (je reprends prochainement mon blog si ça t’intéresses ! =])

  3. J’ai voulu jeter un petit coup d’oeil sur ton blog et j’ai beaucoup aimé ton article, très bien écrit!
    dommage que je ne sois pas allée le voir avec vous…
    bises

    Pignan-Girl 😉

  4. ils sont devenu très solicitèe, mais je pense qu`il y a de realisateur meiux, que sont pas reconu, comme :Balaguero, et toute la troupe

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