Public Enemies

L’ennemi public n°1

Johnny Depp et Marion Cotillard. Universal Pictures International France

Johnny Depp. Universal Pictures International France

1933. John Dillinger, braqueur de banque, devient l’ennemi public n°1 recherché par le FBI et J.E. Hoover. Melvin Purvis, le meilleur des agents est à ses trousses, bien décidé à l’abattre.

Nous, les français, avons eu Mesrine, les américains ont droit à John Dillinger, figure mythique des braqueurs de banque outre-atlantique. Un autre film de gangster pense-t-on. Oui et non. Car Michael Mann, le grand, l’unique, celui de Collatéral, Heat et Miami Vice entre autre, est derrière la caméra. Armé d’une caméra DV (original mais personnellement ça m’a un peu gêné), il filme caméra au poing et le film se révèle impeccable au niveau de la mise en scène. Les scènes de fusillades, de poursuites et de braquages que l’on recontrent tout au long du film sont sublimes. Les décors, les costumes participent à l’ambiance parfaitement bien reconstituée des années 30.
Il est clair que du point de vue esthétique, Public Enemies est un polar de toute beauté qui renouvelle le genre et le magnifie. Où est le problème alors? Derrière ces décors parfaits, pas un souffle de passion. Ni de psychologie. Michael Mann n’explique rien de Dillinger et laisse le personnage incompris et mal traité. L’ambiguïté du personnage est peu montrée et pas assez développée (excepté par le physique de Depp): son côté Robin des bois n’est pas exprimé et on ne comprend pas toutes ses réactions. En laissant le côté mystérieux et mythique du personnage prendre le pas, Dillinger reste un personnage "en surface". Quand à Melvin Purvis, le malaise qui le ronge n’est réellement compris que dans les quelques phrases venant clôre le film. L’histoire d’amour entre Billie et John manque clairement de chair et de passion, comme le reste du film.
Malgré tous ses reproches, il faut quand même souligner des scènes réellement électrisantes, passionnantes et entraînantes. Et un personnage central, qui bien que laissé à l’abandon, est fascinant. Johnny Depp, charismatique et séduisant à souhait, réunit une certaine ambiguïté rien qu’avec son visage. Ses traits angéliques et beaux cachent un braqueur de banque également meurtrier, capable de coups de colère violents. On pense à quelques belles scènes comme celle du cinéma où il regarde son portrait à l’écran, ou encore la scène où il entre dans le bureau du FBI et "voit" son histoire. Un peu de regret concernant Christian Bale, excellent acteur, mais trop souvent employé dans des rôles de "gentils". Marion Cotillard, bien que son rôle soit mineur, est magnifique dans ses dernières scènes.

Public Enemies n’est pas le film que l’on attendait. L’esthétisme et la mise en scène compensent moyennement un scénario un peu facile et des personnages sous-traités. Néanmoins, l’atmosphère intense et oppressante (dont la scène de la mort de Dillinger) permet au spectateur d’être pris dans ce spectacle noir mais réjouissant.

Universal Pictures International France
 

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