Une fiancée pas comme les autres

The real man..and the doll

Ryan Gosling, Emily Mortimer et Paul Schneider. Diaphana Films

Ryan Gosling. Diaphana Films

Lars est un jeune homme de 27 ans qui vit à côté de chez son frère et sa belle-soeur enceinte, dans le garage. Très timide, renfermé et évitant tout contact avec les autres, Lars est toujours seul, ce qui inquiète sa belle-soeur Karin. Mais lorsque celui-ci leur annonce qu’il a trouvé quelqu’un, Gus et Karin sont aux anges. Seul petit détail: Bianca, la "petite-amie" est une poupée en plastique achetée sur internet…

Craig Gillespie n’aurait pas pu trouver un sujet plus casse-gueule: l’histoire d’un mec de 27 ans, introverti, renfermé, qui s’éprend d’une poupée et lui invente une histoire, jusqu’à la traiter comme une humaine. On sent déjà poindre le ratage, faute à une vulgarité consommée propre aux comédies américaines. Mais là où les Judd Appatow et sa clique y aurait vu de l’humour gras à n’en plus savoir qu’en faire, Gillespie préfère la poésie et la tendresse, créant une petite oeuvre singulière, maladroite par moment, mais touchante et sincère. Il ne tombe pas non plus dans le "drame indépendant" mais essaie constamment de maintenir un équilibre, entre la comédie et le côté plus dramatique. Avec un tel sujet, il fallait de la légèreté. Ce qu’il a réussit. Lars and the real girl est avant tout un film sur la solitude humaine, la tristesse et le malaise d’un jeune homme. Un sujet qu’aborde le réalisateur avec pudeur et joliesse. La folie douce qui habite Lars, le héros, n’est pas sujet à raillerie ou mépris, mais au contraire, montre à quel point l’autre – les autres – sont importants. Au fur et à mesure de cette sorte de conte moderne un peu fou, Lars apprend à avoir un contact avec les autres. Ses esquives sont remplacées par des frôlements, des poignées de mains. Bianca, la poupée en plastique, sera-t-elle remplacée par une "vraie" personne?
La simplicité des sentiments touche réellement. Il faut dire que le très grand Ryan Gosling habite ce rôle. L’acteur déjà remarqué pour Half Nelson, récidive avec ce personnage attachant et drôle aux grands yeux tristes. Il est merveilleusement lumineux dans ce rôle qui bien que hanté par le passé n’a de cesse d’avancer. L’oeuvre prône des valeurs telles que la tolérance et l’entraide, ce qui est aujourd’hui courageux puisque prenant le risque de se faire taxer d’utopique ou même cracher dessus car trop "mignon". Mais un rayon de soleil, aujourd’hui, dans ce monde sombre ça ne se refuse pas. Surtout quand il prend les traits de cette histoire délirante mais profondèment juste et humaine.

Diaphana Films

 

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