Fish Tank

Life’s a bitch

Katie Jarvis. Holly Horner

Mia vit avec sa mère et sa petite soeur en banlieue. Elle rêve de faire du hip hop. Un jour, sa mère ramène à la maison, Connor, un homme séduisant.
 

Fish Tank, ça veut dire aquarium, bocal. C’est là où Mia vit en quelque sorte. Un monde étouffant, violent, où tout semble sans espoir, comme perdu d’avance. Mia elle, aime danser, c’est son rêve, sa façon de sortir de ce bocal et de respirer. Dans la veine du cinéaste anglais Ken Loach, Andrea Arnold livre un beau portrait de jeune fille, âpre et dur, vivant dans un monde où la médiocrité est le mot d’ordre. A chaque fois qu’une lueur d’espoir apparaît, la noirceur et la violence du quotidien de Mia revient.
Ce réalisme social donne une peinture noire des classes pauvres d’Angleterre. La mère (la déchirante Kierston Wareing, découverte dans It’s a free world de Loach) passe son temps à boire, elle ne s’occupe pas de ses enfants, ramène des hommes chez elle. Elle s’aveugle avec de la bière bon marché, ne voulant voir ni sa fille aînée gâcher sa vie, ni sa fille d’une douzaine d’année boire et fumer comme un trou. Et c’est là qu’apparaît Connor (l’excellent Michael Fassbender, attirant et séduisant). Bel d’homme d’une trentaine d’années, il séduit la mère de Mia et s’installe dans la famille, à la place du « père ». Il les emmène se balader en voiture, leur donne de l’argent, et surtout de l’amour. Mais Connor semble trop parfait pour être honnête. La relation qu’il tisse avec Mia (Katie Jarvis, bouleversante et intense), leurs regards, leurs effleurements, mettent mal à l’aise. La tension s’installe entre eux, jusqu’à l’implosion. Il y a alors là un basculement, autant dans le film que dans la vie de Mia. La jeune fille de 15 ans grandit d’un coup, quelque chose semble s’être brisé. Les dernières minutes laissent présager un avenir meilleur pour Mia…du moins espérons-le.
 

Fish Tank est un beau drame sur l’adolescence et le passage à l’âge adulte. Emmené par de grands acteurs (Katie Jarvis, Michael Fassbender), le film d’Andrea Arnold plonge presque dans l’horreur social sans jamais pourtant se noyer dans le misérabilisme. Une petite réussite anglaise qui marque.

 

MK2 Diffusion

 

 

 

 

2 thoughts on “Fish Tank

  1. Mon coup de coeur de la rentrée ! Un teen-movie vif, intelligent et dépourvu de misérabilisme (même si habituellement c’est pas ds les codes) Et Jérémy, vois (500) jours ensemble, c’est tout mignon !

  2. Tout à fait d’accord. Andrea Arnold offre au genre du teenmovie ses lettres de noblesse : entre symboles, réalisme de la mise en scène coup de poing et casting incroyable, ‘Fish Tank’ est pour moi une vraie réussite.

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