Kick-Ass

Ils n’ont qu’à bien se tenir, voici Kick-Ass

 

Chloe Moretz. Metropolitan FilmExport

Nicolas Cage et Chloe Moretz. Metropolitan FilmExport

Aaron Johnson et Chloe Moretz. Metropolitan FilmExport

Dave Lizewski n’est pas un super-héros, il est juste un lycéen comme les autres, amateur de comics et invisible aux yeux des filles. Et puis un jour, il se décide à enfiler le costume et devient Kick-Ass, justicier masqué. Mais rapidement, le jeune homme s’attaque à plus gros que lui. Poignardé et renversé par une voiture, il est amené à l’hôpital mais survit. Malgré tout, il ne veut pas abandonner. De nouveau Kick-Ass, il devient un vrai phénomène…et va se heurter à Frank D’Amico et sa bande.

La surprise sera finalement là où on l’attend le moins. Après un déferlement de gros budgets impressionnants mais dénués d’âme et d’originalité (Nine, Alice aux pays des merveilles, Adèle Blanc-Sec), c’est Kick-Ass, sorte de anti-blockbuster, adapté des comics de Mark Millar, qui séduit. Kick-Ass c’est tout ce que vous ne verrez jamais dans Spiderman ou encore X-men et j’en passe. On est plus du côté Watchmen, comme une version adolescente, (on aperçoit d’ailleurs le graphic novel dans le sac de Dave lorsqu’il est à l’hôpital), avec un côté humoristique en plus. C’est à Matthew Vaughn que l’on doit ce super-héros pas comme les autres. Après l’excellent Layer Cake et le parodique Stardust, il s’amuse cette fois à dépoussiérer un genre: le film de super-héros qui n’a jamais eu autant de succès que depuis quelques années. C’est donc une variation sur ce thème : film ultra-violent, politiquement incorrect, drôle et cynique, et très sombre. Car ici, le super-héros saigne, souffre, se fait tabasser mais tue également. La violence est donc physique, mais aussi morale (Hit-Girl est une gamine machine à tuer de 11 ans, la vengeance comme leitmotiv). Ça pourrait malsain, ça ne l’est pas, mais ce n’est évidemment pas à mettre devant tous les yeux. Références en tout genre (le corps d’acier façon Wolverine, la voiture façon Batmobile, les costumes, les nombreuses références à Spiderman…), mise en scène façon comic-book, Kick-Ass est le film qui prend le contre-pied des super-héros habituels. Et c’est génial, même si parfois un peu maladroit (scénario qui passe un peu trop rapidement sur certains passages…). On aimera les personnages, tous un peu plus délirants les uns que les autres (Kick-Ass, Red Mist, Big Daddy et Hit Girl – la favorite des spectateurs). Les scènes d’action aussi, sans temps mort, et une baston finale chez D’Amato, juste géniale. Mais surtout c’est ce mélange des genres qu’on apprécie, entre la comédie pour teenagers façon Appatow et le film noir et violent. Un mélange qui peut surprendre mais qui ouvre au film de nouvelles portes, et l’emporte à contre-courant de la production habituelle. Et d’ailleurs la touche teenage movie ne prend jamais le dessus, restant au contraire un peu plus en retrait vers la fin du film. On n’est pas juste dans un divertissement fun et insolent, (et heureusement, car sinon la violence deviendrait malsaine), mais dans un film d’une grande humanité notamment par ces personnages, qui n’ont pas de pouvoirs, qui sont des gens à priori normaux, mais qui refusent d’accepter leur « sort » (le geek qui en a marre de se faire racketter et qui veut leur foutre une bonne raclée, le père qui veut venger la mort de sa femme). C’est en quelque sorte la société et sa violence qui les pousse à devenir eux-aussi violents, et leur fait perdre pied (Bid Daddy, qui ne vit que pour sa vengeance). Une société qui aime la violence et qui fait que malgré le dégoût que l’on ressent, on ne veut que regarder : la scène lorsque Dave se bat avec 3 voyous est filmée puis mise sur youtube – les gens adorent Kick-Ass, ce gars en costume qui tabasse et se fait tabasser, et préfère même regarder plutôt qu’appeler les secours ; la scène où est diffusée une vidéo en direct montrant Bid Daddy et Kick-Ass se faisant tabasser devant une caméra – les gens se précipitent sur internet pour voir la suite, comme s’ils se délectaient de cette avalanche de violence et de douleur. Une société qui préfère donc regarder plutôt que s’engager aussi dans le « combat » (la scène où Dave se fait racketter et qu’un homme les voit et ne dit rien).

Plus profond qu’on peut le présumer, toujours très fun, cool, drôle, porté par un casting dément (Aaron Johnson, Mark Strong, Chloe Moretz, Nicolas Cage et Christopher Mintz-Plasse), Kick-Ass est un excellent film qui par son originalité va sans doute devenir un classique pour les geeks. La suite est prévue, avec une nouvelle dimension pour nos anti-héros comme le laisse présager la fin. Vite !
 

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