Les Amours imaginaires (avant-première Festival de Cannes)

L’amour à trois

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Marie et Francis sont amis. Marie et Francis tombent amoureux du même jeune homme. Chacun essaie alors de prendre l’avantage, tous les gestes et paroles de l’objet de leur désir disséqués, une compétition muette s’installe entre eux. Un amour à sens unique qui les consume tous les deux.

Xavier Dolan a 21 ans, est réalisateur, scénariste et acteur, beau à se damner, a été découvert l’an passé au Festival de Cannes pour J’ai tué ma mère où il a séduit la Croisette et revient cette année avec le bijou qu’est Les Amours imaginaires. Ces amours, ce sont ceux de Marie et Francis, deux amis qui tombent amoureux du même garçon. Dolan filme les amours adulescentes avec un regard frais, intelligent et cruel. Chacun tente de plaire, de séduire, de décrypter ce Nicolas. Et plonge dans une obsession aussi malsaine que douloureuse. Et alors même que le titre nous prévenait d’avance, on plonge nous aussi avec les personnages dans ce triangle ambigu, à regarder ce Nicolas jouer avec eux, à les manipuler, avec son innocence et sa candeur cruelle. Des amours imaginaires, mais pas tant que ça tout de même, tant le personnage de Nicolas est ambigu par ses attitudes (ou est-ce nous qui, à l’instar des personnages, imaginons des choses?). Et c’est renversant. Sans doute à cause de ce mélange de drôlerie, de poésie et de cruauté. Sans doute parce que Xavier Dolan se refuse à chercher un coupable, à les juger, mais montre la puissance des jeunes amours (pour Marie, Nicolas est son âme-sœur) et leur déraison. Et puis il y a les dialogues ciselés, lancés comme des piques (« C’est pas parce que c’est vintage que c’est beau ») et les interventions d’inconnus, qui ponctuent le film, qui racontent leurs histoires d’amours malheureuses avec beaucoup de drôlerie, mais aussi de tristesse au fond. Comment ne pas se reconnaître alors dans ces portraits d’humains, comment ne pas penser « ça m’est arrivé à moi aussi »? Il faut aussi saluer la maturité du jeune réalisateur et son talent. Un talent pour les images : cadres, plans, ralentis (superbes) qui rajoutent à la poésie des Amours imaginaires. 

Si l’on pense (entre-autre) à Christophe Honoré (un petit air de nouvelle vague, un acteur aux airs de Louis Garrel, les amours à trois…), Xavier Dolan arrive avec brio à se construire son propre univers et à nous emmener dans ses Amours imaginaires. D’une grande modernité, avec une touche rétro et pop, le film brosse un des plus beaux portraits qu’on ait pu voir des amours adulescentes, cruel, beau, drôle, passionné, triste. Et cercle sans fin (voir l’épilogue et une apparition d’un acteur français hyper in).  Je n’ai plus qu’à me ruer sur son premier film, J’ai tué ma mère.
 

 

 

 

 

One thought on “Les Amours imaginaires (avant-première Festival de Cannes)

  1. Il m’avait déjà bluffé l’an passé avec « J’ai tué ma mère » et là il confirme non seulement un vrai talent pour nous conter avec grand luxe des histoires simple et de savoir nous mettre le tout en images et plans splendides ! Quant à la référence à Honoré oui elle est très « probante » pour les raisons que tu décris et celle dont tu ne parles pas (ceux qui ont vu le film savent). Par contre dolan est plus ténu dans sa narration, beaucoup plus rigoureux.

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