Bright Star

« Bright Star, would I were stedfast as thou art… »

Ben Whishaw. Laurie Sparham

Ben Whishaw et Abbie Cornish. Laurie Sparham

Ben Whishaw et Abbie Cornish. Laurie Sparham
 

1818. John Keats, jeune poète sans le sou, s’éprend de Fanny Brawne, jeune fille effrontée et élégante. Une tendre et intense relation se noue entre les deux jeunes gens, jusqu’à ce que Keats tombe gravement malade.

Voici une des plus belles histoires d’amour du cinéma, et c’est à une femme qu’on la doit. Jane Campion, 17 ans après La leçon de piano, revient avec Bright Star et une nouvelle héroïne, Fanny Brawne, qui n’est autre que la bien-aimée du poète anglais John Keats. Fanny (Abbie Cornish, une révélation) est une jolie jeune femme, venant d’une famille plutôt pauvre, élégante, couturière et qui dit ce qu’elle pense sans se soucier des bonnes manières. Elle n’aime pas particulièrement la littérature et reste insensible à la poésie. Jusqu’à ce que son chemin croise celui de John Keats (Ben Whishaw, excellent et touchant), poète maudit et sensible, qui souffre des mauvaises critiques qui l’enfoncent à chaque fois un peu plus. Ils s’aiment en secret, malgré ceux qui souhaitent les éloigner, malgré le fait que Keats n’a pas un sou et ne peut donc l’épouser, malgré le monde entier. Aujourd’hui, Keats est un des plus grands poètes romantiques du 19e siècle. Romantisme, c’est le mot qui décrit le mieux ce nouveau bijou de la réalisatrice Jane Campion. Mais pas le « faux romantisme », celui que l’on voit dans toutes ses comédies américaines nunuches qui accumulent clichés sur clichés. Ici, c’est le vrai romantisme : exacerbé, passionné, beau et pur. Au début, Fanny n’est encore qu’une enfant qui joue avec l’amour et ne l’a jamais vraiment vécu. Au contact de Keats, elle grandit et ils voient naître entre eux un amour irrémédiable, indicible. Ça vous semble toujours aussi niais? C’est parce que vous ne connaissez pas Jane Campion. Sa façon de filmer des détails, des couleurs, un paysage, une tendre étreinte, des regards, une main qui frôle une main, un champ de jonquilles, un amour si fort qu’il nous donne des frissons. Un amour douloureux qu’il nous en coupe presque la respiration. Un amour non-consommé mais d’une intensité et d’une fièvre bouleversante. Une tragédie inexorable, qui si elle éteint le poète, n’éteint pas ses poèmes qui brillent encore, telles des étoiles lumineuses.

 

Un film magique, bouleversant, poétique. Un émerveillement de chaque instant.

Pathé Distribution

 

 

 

 

 

3 thoughts on “Bright Star

  1. Ah oui, j’ai dit approximativement les mêmes choses que toi à propos de ce film : magique, fin, réussi, cohérent, sensuel… il n’a pas été assez encensé à mon goût !

  2. Complètement d’accord avec toi. L’un des plus beau film de l’année, l’un des plus sensibles et des plus délicats.

  3. Très belle critique, je suis entièrement d’accord avec toi, quel superbe film! Romantique à souhait, à la fois épuré et intense, et juste bouleversant.

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