Tamara Drewe

Mensonges à l’anglaise

Diaphana Distribution

Lorsque Tamara Drewe revient dans sa campagne natale, avec son nez refait et ses longues jambes, elle provoque une sorte de bouleversement dans la vie tranquille des habitants du coin.

Qui mieux que Stephen Frears pour adapter le deuxième roman graphique de Posy Simmonds? Un petit mot d’abord sur l’auteur et sa Tamara Drewe. Après un premier roman graphique excellent, Gemma Bovery (adapté librement de Madame Bovary), sort en 2008 le petit bijou qu’est Tamara Drewe, soit une histoire grinçante et cynique sur la société anglaise avec une héroïne à qui tout réussi (beauté, argent, amour…). Le ton léger et grinçant, l’humour et la touche féministe font de Tamara Drewe une petite merveille que vous devez absolument lire – si ce n’est pas déjà fait. Difficile donc à adapter : Stephen Frears s’en sort honorablement, même si le film est l’adaptation assez libre du roman graphique. Comédie charmante et drôle se déroulant dans la campagne anglaise, ce Tamara Drewe séduit par son ambiance so british et ses dialogues ciselés. Et heureusement, Frears l’a bien compris, si Tamara Drewe est un tel délice, c’est grâce à ses personnages hauts en couleur, croqués avec tendresse et cynisme. Tamara n’est finalement qu’un personnage parmi les autres: Glen l’écrivain coincé, Nicholas, écrivain à succès qui trompe sa femme, Beth qui dirige la pension pour écrivains et qui n’arrive pas à quitter son mari, Andy le jardinier très sexy, Jody et Casey les deux adolescentes qui rêvent d’être célèbres et vont précipiter la tragédie entre les autres (elles sont les deux personnages les plus intéressants sans doute) et Ben Sergeant la rock-star incontrôlable et capricieuse. Tous subissent l’absurdité et les conséquences des actions de chacun. Car Frears comme Simmonds aime à jouer avec ses personnages et leurs sentiments, et le film balance sans cesse entre l’humour et le drame, dans un équilibre relativement bien dosé.
Vaudeville dans la campagne anglaise, certes, mais également critique du monde de l’écriture et de sa superficialité, de la quête de la gloire, de la beauté et de la célébrité (Tamara s’est fait refaire le nez et a perdu du poids pour être belle, les deux adolescentes rêvent d’être connues et lisent les potins des magazines…) et enfin des relations entre hommes et femmes (adultères, jalousie…). Un film moins noir que le roman graphique (un personnage du film est épargné alors que dans le bouquin il était censé mourir) et moins grinçant également, notamment à la fin. Néanmoins, le Tamara Drewe de Stephen Frears est une comédie agréable à dévorer sans ménagement et portée par un casting solide, Gemma Arterton, lumineuse, en tête.

4 thoughts on “Tamara Drewe

  1. Hola, on conaissé pas ton site web, mais mon cop en a dit un mot mardi. Je vais aller lire de ce pas tes autres billets, merci à l’égard de ce super travail !! Kiss ! Lina

  2. Je viens juste de voir ce film et je suis d’accord avec toi. J’ai passé un très bon moment en compagnie de ces anglais loufoques ! A voir !

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