The American

Confessions d’un homme dangereux

Violante Placido. Mars Distribution

George Clooney. Mars Distribution

Il y a eu Sam Riley prêtant son corps à Ian Curtis, un noir et blanc élégant et bouleversant, l’histoire d’un homme écartelé entre deux femmes, de la musique, un suicide et Anton Corbijn le cinéaste naissait devant nos yeux éblouis. Ce n’est rien de dire qu’on attendait avec impatience son nouveau film. The American, ce sera. Ou l’histoire d’un tueur à gages qui s’exile dans un village d’Italie et pense pouvoir quitter le métier après une dernière mission.

Polar crépusculaire, ambiance sixties, inspirations empruntées aux westerns ou encore à Melville (je pense au Samouraï avec Alain Delon), The American a l’élégance et la classe des beaux films. Le film commence dans la blancheur d’une Suède enneigée, bientôt tachée de sang. Jack, pour se protéger, doit tuer la femme qu’il aime. Dès ce moment, Corbijn montre qu’il ne souhaite pas faire de cet homme un héros. D’ailleurs, le visage de George Clooney (aux faux-airs de Cary Grant) ne cherche pas la sympathie. Au contraire. Ses traits fermés, son émotion et sa violence contenues, lui donnent un mélange de force et de dureté qu’on ne lui connaissait pas.
Homme aux aguets, homme pourchassé, Jack a trouvé refuge en Italie. Pendant qu’il guette une menace – une menace mortelle qui ne vient pas -, il baisse la garde, notamment au contact d’une prostituée italienne, Clara (Violante Placido). C’est lent, Corbijn prend le temps de s’installer dans les rues sombres et escarpées du village. C’est un peu comme le calme avant la tempête. Hormis une course poursuite en moto dans les ruelles et l’arrivée d’une tueuse suédoise (Thekla Reuten), il n’y a pas -peu – d’action, mais une nervosité et une intensité de plus en plus croissante. On sait que tout va exploser à un moment ou à un autre. La tempête arrivera d’ailleurs dans le dernier (beau) quart d’heure du film, sommet intense d’une œuvre faussement calme où la mort hante les ruelles en attendant son heure.
 
Anton Corbijn est avant d’être simple réalisateur un esthète, un artiste: jeu avec les couleurs, superbes (notamment sur les clairs/obscurs), photographie sublime, paysages italiens idylliques mais sauvages…Il sait également filmer ses personnages, et celui de Jack n’est rien de moins qu’un beau anti-héros, tueur sans pitié mais avec un cœur. Personnage qui ne cherche en aucun cas la rédemption, ni même à se faire pardonner (à lui-même notamment).
Face à lui, les personnages symboliques du prêtre et de la prostituée aimante qui pourraient – auraient pu, dans une autre vie – le faire goûter à la vie, lui qui donne la mort. Lui qui sait -comme nous d’ailleurs – que seule la mort est son avenir, même si à un moment donné, il se prend à rêver d’une "vie normale".

Ceux qui pensaient voir en The American un film d’action testostéroné (comme la bande-annonce – qui n’a rien à voir avec le film – le laissait faussement présager) seront déçus, désappointés. Les autres, au contraire, seront ravis. The American est un requiem, un chant doux-amer sur la mort, la chute d’un homme. Film dépressif, sûrement, mais d’une beauté sombre et crépusculaire qui saisit par son étrange douceur.

5 thoughts on “The American

  1. j’ai été très déçue personnellement, il n y a pas de surprise à la fin, c un film contemplatif et clooney a été bien meilleur, ça aurait pu donner qq chose de bcp mieux et je ne parle pas de rajouter des scènes d’action

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