Beginners

 

Ewan McGregor & Mélanie Laurent. MK2 Diffusion

Christopher Plummer & Goran Visnjic. MK2 Diffusion

« Débutants ». On est tous des débutants, semble nous dire le second film de Mike Mills. Hal, le père de Oliver a 75 ans mais est bien décidé à croquer la vie à pleine dents peu après le décès de sa femme et fait son coming-out. Oui, il est gay et il sort avec Andy. Son fils, légèrement dépressif et solitaire, ne le vit pas très bien, voyant cela comme une trahison par rapport à sa mère. Et puis Hal tombe malade et meurt. Voilà que Oliver se retrouve encore plus seul qu’avant dans sa grande maison, avec pour seule compagnie le chien de son père, un Jack Russell télépathe appelé Arthur. Il traîne sa mélancolie de sa maison à son travail, ressassant des souvenirs de sa mère, déprimée elle-aussi, et se rêvant dans une autre époque, celle de James Dean, de Harvey Milk, celle à laquelle ses parents étaient jeunes mariés. Un jour, il fait la rencontre de la jolie Anna, qui redoute chaque jour un appel de son père, suicidaire et passe d’hôtel en hôtel, se croyant libre alors qu’elle est seule, toujours en fuite, sans cesse.

Beginners est une petite merveille, drôle, émouvante, fantaisiste et pleine de charme et de finesse. C’est un film lumineux qui parle pourtant de sujets sombres tels que la dépression et le deuil, mais cela à travers des histoires d’amour : celle d’Oliver et Anna, de Hal et Andy, d’un père et de son fils, au coeur du film. On dirait une comédie romantique, façon années 40, légère et tendre, qui se joue de tous les poncifs du genre pour nous réconcilier avec les belles histoires d’amour, celles traversées par des  illuminations sublimes et des moments tragiques, des regards et des pleurs, du bonheur et de la tristesse. Car si Oliver et Anna tombent follement amoureux, comme quand on a 15 ans, tous les deux auront du mal à surmonter leurs petites névroses. Il est si facile de tomber dans la solitude, même sans s’éloigner des autres. Et tous les deux ont peur de s’engager, peur de la mort, de n’être plus libre, s’aimer, de vivre ensemble, de l’inconnu, de tout. Au point de risquer de gâcher leur vie, de passer à côté du bonheur.

La réalisation de Mike Mills est un délice, à la fois discrète et élégante, ponctuée de dessins et de photos d’une autre époque. Tout ça est délicieusement nostalgique, mélancolique et distille une atmosphère particulière, sur des accords de jazz, à la fois douce-amère, piquante comme une bulle de savon, douce comme une caresse. Et cela est en partie dû à un trio formidable : Ewan McGregor craquant, qu’on avait pas vu aussi bon depuis longtemps, qui noue une alchimie parfaite avec Mélanie Laurent qui traverse le film avec une grâce infinie, et Christopher Plummer, attachant en vieil homme se décidant enfin à vivre heureux. Et puis l’amour, plus fort que tout. Que la tristesse, la vieillesse, la dépression, même la mort.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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