Daddy Cool (Infinitely Polar Bear)

Ne vous fiez pas à la traduction, très mauvaise, du titre du premier film de Maya Forbes, Infinitely Polar Bear, soit en français Daddy Cool. Passons sur cette faute de goût pour dévoiler ce qui se cache derrière : un père, Cameron Stuart, est diagnostiqué maniaco-dépressif. Incapable de garder un travail et d’être stable, sa femme, Maggie, le quitte emportant ses deux petites filles. Quelques années plus tard, suivant un traitement, Cameron essaie de reconquérir les trois femmes de sa vie. C’est là que Maggie lui annonce sa décision de partir à New-York pour reprendre ses études et avoir un meilleur boulot. Elle demande à Cameron de s’occuper des filles. La cohabitation entre les trois se révélera pleine de surprises.

Pour son premier film, Maya Forbes s’est inspirée de sa propre vie : Amelia Stuart, la fille aînée de Cameron, c’est un peu elle plus jeune. Cette petite fille vivant avec un père bipolaire, aux humeurs changeantes, un peu gamin sur les bords, difficilement autonome, c’était elle. Elle tire de son expérience personnelle un joli film sur la famille, porté un quatuor de choc : Mark Ruffalo, Zoe Saldana, Imogene Wolodarsky (sa propre fille qui joue Amelia) et Ashley Aufderheide (Faith, la plus jeune fille). Le scénario est bien écrit et construit, sur le fil entre larmes et éclats de rire. Sans tomber dans le pathos ni le misérabilisme. La relation entre Cameron et ses deux filles est le cœur du film : les rôles se renversent continuellement, ils se protègent tous les trois, chacun à leur tour. Il ressemble parfois à un grand gamin perdu, fumant clope sur clope, traînant en slip toute la journée. Si elles n’en restent pas moins des enfants, on sent que les deux petites filles ont dû apprendre à grandir vite, devant parfois s’occuper de leur père et remplaçant leur mère absente.

La mère absente justement, Maggie, est loin de faire partir du décor. A travers son personnage de femme éduquée noire dans les années 70, cherchant à réussir, elle rappelle que le chemin parcourue par les femmes a été long ! Elle dit elle-même à son mari dans le film qu’on la traite de mère indigne qui a abandonné ses enfants, parce qu’elle a décidé d’être différente : reprendre ses études, ne pas être femme au foyer et assumer financièrement l’avenir de ses femmes. Ce beau personnage de femme battante est interprétée par Zoe Saldana, excellente actrice que l’on découvre au « naturel » après Avatar, où elle est bleue, et Les Gardiens de la Galaxie, où elle est verte.

Mais Infinitely Polar Bear tient surtout en deux mots : Mark Ruffalo. Il est impeccable dans son rôle de père maniaco-dépressif, aimant et terriblement, gentil, pouvant s’énerver rapidement, devenir bougon, voire devenir dangereux, mais sans aucune méchanceté. On s’attache à ce papa poule très rapidement, ce père prêt à passer une nuit entière à coudre une robe de flamenco pour ses filles, qui les emmène à l’école tous les matins, leur fait à manger tous les jours. Et qui achète aussi une voiture avec un trou dans le plancher. Il est de tous les excès, quand il propose à une voisine de l’aider à porter ses courses, il lui propose ensuite d’entrer chez elle pour bouger des meubles. Maya Forbes a eu la très bonne idée de ne pas en faire un drame mais un film plus léger, qui, s’il n’aborde pas la maladie plus en profondeur, nous fait néanmoins passer un excellent moment. Avec des rires et de l’émotion, de la maladresse et de la tendresse. Et surtout avec un père pas comme les autres qui aime plus que tout ses deux petites filles.

 daddy cool

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