La Nina de Fuego

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« La révélation espagnole du siècle » dixit Pedro Almovodar. Soit. Après l’excellent La Isla Minima, un autre très bon film venu d’Espagne? J’y cours. Et j’ai été déçu, malgré les nombreuses critiques positives du film. Attention, le film est loin d’être mauvais mais je l’ai trouvé long et lent et je suis clairement restée sur ma faim. Le film est découpé en plusieurs parties et les histoires (à l’instar des films choraux) s’entre-mêlent.

Il est donc question de Bárbara, jeune femme psychologiquement instable dépendante de son mari, victime de chantage de la part de son amant d’une nuit. Celui-ci vit avec sa petite fille leucémique et a désespérément besoin d’argent. En parallèle, un vieil homme, professeur à la retraite, a peur de sortir de prison car il redoute de revoir Bárbara. Trois hommes et une femme, donc, dans un thriller glaçant, un drame manipulateur et machiavélique qui va voir s’enchaîner les événements tragiques quand les émotions et l’instinct de l’être humain prennent le pas sur sa raison.

Cette dualité, émotion et raison, est le cœur du film, la formule qui va démarrer l’engrenage et entraîner tromperies, vengeances et mensonges, et jouer avec les désirs et l’amour de quatre protagonistes. Le second film de Carlos Vermut est réalisé de manière glaçante, froide, joue sur les ellipses et le temps. Les images sont belles et le sens de cadrage du réalisateur très intéressant car l’horreur n’est jamais montrée, sera toujours hors cadre ou coupé du récit. Le rythme est malheureusement assez lent, cela peine à démarrer et les scène s’étirent.

Interprété par un excellent casting (Luis Bermejo, José Sacristán) c’est surtout elle, la Nina de Fuego (la Magical Girl, titre original) qui retient notre souffle et attention : Bárbara Lennie, qui interprète l’héroïne du même nom, femme vénéneuse et intense, fragile et instable, au centre des relations avec les trois hommes. On ne sait qui des quatre lancera l’allumette mais en tout cas, elle ne fait rien pour l’empêcher de tout consumer.

Petite déception de ne pas avoir été autant emballée que Almodovar et toutes ces critiques positives. Un drame violent et dense qui mériterait peut-être une deuxième vision pour séduire complètement. Je n’y ai pas vu le grand film que beaucoup y voit, mais vous conseille néanmoins de jeter un coup d’oeil à cette oeuvre atypique.

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