Like Crazy

LIKE CRAZY

Quelques lignes sur Like Crazy, troisième film de Drake Doremus, malheureusement toujours inédit en France (j’ai trouvé le dvd en Angleterre) et ayant remporté le Grand Prix du Jury au Sundance Film Festival en 2011. Digne héritier de Derek Cianfrance, Doremus raconte ici une histoire d’amour, tragique et douloureuse entre un jeune américain et une jeune anglaise. Séparés à cause d’un visa expiré, le couple tente de s’aimer, à distance, malgré les obstacles, les longues journées de travail, le manque et la tentation.

Like Crazy est extrêmement puissant, tout en restant sobre. Doremus filme des petits riens de la vie quotidienne, un amour fou, passionnel, qui se noue puis se délite à cause de la distance et du temps. Les premières nuits passées ensemble, à ne pas se quitter, puis la séparation, ici imposée par le visa expiré, la romance à distance, les coups de fil, les mots d’amour envoyés de loin et puis le temps qui passe, le travail, les coups de fil qui s’espacent, les nouvelles rencontres. Ce couple d’amoureux c’est un peu nous, et nous c’est un peu eux. Le jeune réalisateur saisit bien les transports intérieurs amoureux que l’on peut ressentir, les émotions qui nous animent, malmènent : quand l’héroïne, Anna, a le souffle coupé à cause du manque de l’être aimé, cela nous touche, car cela a pu être nous aussi. Si l’histoire reste assez simple (ennuyeuse pour certains ce que je peux concevoir, mais moi je ne me suis pas ennuyée une seconde), c’est aussi grâce au parti pris du réalisateur de filmer caméra à l’épaule, avec peu de grands discours mais beaucoup de non-dits et de regards (la dernière scène est en cela sublime et très douloureuse, selon comment le spectateur la ressent). Il ne se passe pas grand chose, mais on est happés dans cette relation tragique.

Bercé par les sublimes partitions de Dustin O’Halloran, Like Crazy devrait bouleverser les adeptes des beaux films d’amour et tous ceux qui se retrouvent un peu dans leur histoire. Cet amour passionnel, palpable par le spectateur, fait connaître un jeune cinéaste plein de promesses, Drake Doremus, mais surtout, une actrice. Aux côtés de Anton Yelchin et Jennifer Lawrence (dans un second rôle), Felicity Jones rayonne et est bien la révélation de ce film.

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