Life

 

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J’admire beaucoup le travail et le talent d’Anton Corbijn sur Control, à ce jour son meilleur film. Un film en noir et blanc sur l’histoire d’amour passionnelle et destructrice de Ian Curtis, chanteur de Joy Division et sa maîtresse. Mais ce n’était pas la première raison pour laquelle j’ai couru découvrir Life. Le fait est que je suis une fan (mais genre la vraie, du type vraiment fanatique) de James Dean depuis dix ans. Je l’ai découvert adolescente dans La Fureur de vivre et je suis restée scotchée. A ne jamais m’en remettre. James Dean est mon acteur fétiche, mon idole. J’avais donc toutes mes raisons de me réjouir de Life, et en même temps de le craindre. En effet, les biopics sont rarement exceptionnelles, la plupart tout juste divertissants mais fades, incapables de restituer le charisme de ses stars (la déception My week with Marilyn).

Life retrace une courte partie de la (courte) vie de James Dean. Nous le rencontrons alors qu’il vient de terminer de tourner A l’est d’Eden (Elia Kazan, 1955) et qui s’apprête à décrocher le premier rôle de La Fureur de vivre (Nicholas Ray, qui sortira en 1956). Entre ces deux films et l’explosion de la légende James Dean, celui-ci aura croisé la route de Dennis Stock (Robert Pattinson, sobre), pas encore le photographe reconnu, mais un jeune homme ambitieux qui voit en ce jeune acteur le moyen de le lancer et de lancer sa propre carrière. Dennis Stock propose à Life, magazine américain, un article sur le jeune acteur, qui le marque lors de leur première rencontre. C’est un hommage au cinéma des années 50, le récit d’une amitié et bien entendu une déclaration d’amour à James Dean ainsi qu’un moyen pour la jeune génération de découvrir cet acteur « rebel without a cause ».  Bien documenté, Life plaira aux fans par son désir de « bien faire »: sa passion pour la corrida, la poésie, la conga, le fait qu’il était myope…Quasiment tout y est pour essayer de coller au plus près du personnage. Son histoire d’amour avec Pier Angeli est présente, mais aucun signe de sa bisexualité, de sa fragilité avec les femmes, de sa peur de l’abandon. Ni de ses relations houleuses avec son père, tout juste esquissées. Ni de sa noirceur, de son attirance pour la mort (aucune trace des photos prises par Stock dans un cercueil dans l’arrière boutique d’un marchant de meubles aussi pompes funèbres). Lorsque James Dean parle, lors d’une scène avec Dennis, de sa mère, de sa mort, puis de sa famille qui l’a élevé car son père ne pouvait le faire c’est émouvant, mais froid. Mais cela reste lisse, sobre. Si Life est bien mis en scène, bien reconstitué, il manque clairement de vie, de passion. Celle qui bouillonnait dans les veines de Jimmy, ce besoin d’être aimé, ce besoin destructeur d’aller toujours plus vite, de courir vers sa mort puisqu’il faut  » vivre vite, mourir jeune et faire un beau cadavre » (citation de James Dean). La relation entre les deux hommes, l’acteur et le photographe, au centre du film reste très intéressante, sorte d’amour-haine, de rivalité et en même temps de soutien (chacun veut aider l’autre pour s’aider lui-même à percer). A noter, la performance pas facile de Dane DeHaan qui fait vraiment des efforts (voix, posture) pour ressembler à James Dean. Ça fonctionne bien même si le jeune acteur n’a pas le charisme troublant et fascinant de son modèle.

Life d’Anton Corbijn est un biopic classique sur la relation entre James Dean et Dennis Stock, tous deux au début de leurs carrières, encore inconnus, jeunes hommes ambitieux cherchant tous deux la même chose : être un artiste, un vrai, et pouvoir faire de belles choses (de beaux rôles pour Jimmy, des photos et une exposition pour Dennis). Un joli divertissement qui manque de noirceur mais qui permet de remettre sur le devant de la scène un grand acteur qui, en trois films et un malheureux accident de voiture à 24 ans, s’est transformé en légende.

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Pour aller plus loin, retrouvez sur le blog:

Critique de Control et The American

Critique de A l’est d’Eden

Critique de La fureur de vivre

Critique de Géant

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