Mistress America

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Un an seulement après l’excellent While we’re Young, Noah Baumbach revient dans un film moins ambitieux mais toujours dans la lignée de ces thèmes fétiches : le passage à l’âge adulte, les rapports intergénérationnels, le besoin de reconnaissance et d’identification…Mistress Ameria a été écrit à quatre mains avec sa compagne, l’actrice Greta Gerwig, qu’il avait fait connaître dans Greenberg et qui était déjà l’héroïne de Frances Ha, jolie fable sur une jeune femme qui tente de s’intégrer dans le monde des adultes. Dans While we’re Young, un couple quadragénaire se posait beaucoup de questions et tentait de réprimer leur peur de vieillir en fréquentant un couple de jeunes. C’était drôle, mordant, et le film portait un regard très fin et tendre sur les relations intergénérationnelles actuelles.

Dans Mistress America, Tracy est une jeune étudiante en année à New-York. Elle n’arrive pas à créer de liens avec les autres jeunes de son âge et celle qui rêvait d’une vie trépidante, pleine d’aventures et de passions, se retrouve seule. Jusqu’à ce qu’elle rencontre sa future demie-soeur, Brooke, une trentenaire lumineuse et vivante, qui l’entraîne dans sa vie.

Commençons une fois n’est pas coutume par les reproches. Si Mistress America aborde les thématiques chères à son réalisateur-scénariste, il manque clairement de rythme. Les scènes chez Mamie-Claire sont longues, assez poussives, malgré un début très prometteur. Noah Baumbach se disperse un peu et cette comédie cynique et tendre finit par ennuyer – un peu. Dans son propos, Mistress America est très intéressant, nous met dans la position de Tracy (interprétée par l’excellente Lola Kirke – sœur de Jemima Kirke, que vous avez pu voir dans la série Girls), séduite par cette jeune femme belle et entourée de nombreux amis, qui vit une vie rêvée avec son propre appartement, ses tweets suivis par une large communauté, des soirées régulièrement et des idées plein la tête, son rêve étant d’ouvrir un restaurant (aidé financièrement par son copain, à l’autre bout du monde). Tracy a la tête qui tourne, des paillettes dans les yeux. Noah Baumbach film avec tendresse cette génération qui vit dans/pour le paraître mais qui au fond, est terrifiée par ce passage à l’âge adulte et les responsabilités qui en découlent. La Mistress America du titre, qui n’est autre que Brooke, est agaçante et charmante, drôle et pathétique. C’est un peu une jeune fille qui joue à l’adulte mais qui n’a pas complètement fini de grandir. Un peu le cas de notre génération. Greta Gerwig est superbe, on la dirait tout droit sortie d’une screwball comedy. Son humour décalé, son corps un peu maladroit et son charme new-yorkais en font la nouvelle égérie du cinéma américain indépendant.

L’héritier de Woody Allen déçoit un peu avec cette comédie qui manque de charme. Néanmoins, Noah Baumbach est un des rares cinéastes actuels à aborder notre époque et les rapports et relations que nous entretenons tous ensemble avec autant d’acuité et de finesse. On a quand même hâte du prochain !

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