The Revenant

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Époustouflant. Grandiose. Vibrant. Autant de superlatifs pour un seul film : The Revenant. Le cinéaste mexicain Alejandro González Iñárritu revient en très grande forme un an après Birdman (Oscar du meilleur film et Oscar du meilleur réalisateur) avec un survival en terre indienne sauvage et envoûtant. Un grand film qui a permis au réalisateur de remporter pour la deuxième année consécutive l’Oscar du meilleur réalisateur et de récompenser – enfin ! – Leonardo DiCaprio (Oscar du meilleur acteur).

Inspiré d’une histoire vraie, The Revenant raconte la quête de vengeance épique et douloureuse de Hugh Glass, un trappeur américain, laissé pour mort par ses coéquipiers au début du 19e siècle. Hanté par la mort de son fils, assassiné devant ses yeux, il va tenter de survivre dans une nature hostile et sauvage pour se venger. Et peut-être trouver la rédemption et la paix.

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Si on a dernièrement beaucoup parlé de Leonardo DiCaprio, il serait injuste de ne pas rappeler que le film a également remporté l’Oscar de la meilleure photographie. Emmanuel Lubezki, qui a travaillé notamment sur plusieurs long-métrages de Terrence Malik ainsi que Gravity et Birdman, prouve à nouveau son talent indéniable. La photographie de The Revenant est absolument magnifique, chaque plan étant extrêmement travaillé et retransmet parfaitement la beauté des paysages naturels. Tourné en lumière naturelle, le film nous plonge dans une nature réaliste et sublime, souvent menaçante. Un « personnage »à part entière. Porté par la mise en scène tendue et nerveuse du cinéaste mexicain, le film d’une durée de 2h36 impressionne. Si le style de Alejandro González Iñárritu a évolué depuis Amours chiennes (2000), il est à son sommet dans The Revenant. Le film s’ouvre sur un tour de force cinématographique, l’attaque par des indiens du camp des trappeurs. Multipliant les travellings, Iñárritu nous plonge tête baissé dans ce nouveau monde, pris entre deux coups de feu. On y croit et on s’y croit.

Après des films choraux (21 grammes, Babel) et un film entièrement composé de plans séquences (Birdman), il revient dans un style plus épuré, plus sobre, moins technique, mais toujours autant tourné vers ces personnages. The Revenant n’est pas très bavard, le réalisateur préfère les silences et les regards. Pour conter cette quête de vengeance, il n’a d’ailleurs pas besoin de longs discours mais plutôt de souvenirs, d’une femme et d’un fils, vestiges d’une époque saccagée, de rêves cauchemardesques ou étranges, de regards douloureux, d’une volonté plus forte que la mort. Il faut saluer la force de cette histoire, d’une grande simplicité. La trame est resserrée au maximum sur ce « revenant », cet homme laissé pour mort, qui affrontera un ours, le froid, la faim, la soif, les indiens, la mort elle-même, pour tuer celui qui lui a enlevé son fils. The Revenant emprunte un peu au genre du western, sorte de duel à mort entre deux hommes dans les plaines froides et désolées.

Finissons avec quelques lignes sur le talent indéniable des deux acteurs principaux, Leonardo DiCaprio et Tom Hardy. Les deux interprètes sont fantastiques, dotés d’un charisme fou, et comptent parmi les acteurs les plus talentueux de leur génération. Ils donnent corps et chair à ces deux personnages, et surtout une âme. Il est difficile de ne pas trembler pour Hugh Glass (DiCaprio) ou de détester complètement Fitzgerald (Hardy). Ils ont réussi à rendre leurs personnages humains. Réalistes. Une réussite totale, au niveau de la forme comme du fond.

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