Démolition

Jake Gyllenhaal as "Davis" and Judah Lewis as “Chris Moreno” in DEMOLITION. Photo Courtesy of Fox Searchlight. © 2016 Twentieth Century Fox Film Corporation All Rights Reserved

Banquier d’affaires ayant brillamment réussi, Davis  a perdu le goût de vivre depuis que sa femme est décédée dans un tragique accident de voiture. Malgré son beau-père qui le pousse à se ressaisir, il sombre de plus en plus. Un jour, il envoie une lettre de réclamation à une société de distributeurs automatiques, puis lui adresse d’autres courriers où il livre des souvenirs personnels. Jusqu’au moment où sa correspondance attire l’attention de Karen, la responsable du service clients. Peu à peu, une relation se noue entre eux. Entre Karen et son fils de 15 ans, Davis se reconstruit, commençant d’abord par faire table rase de sa vie passée …

Démolition est un film étrange. Sur le papier, cette histoire d’un homme, Davis, dont la femme vient de mourir qui se reconstruit auprès d’une femme et de son fils (pour faire court) paraît plutôt déjà vu. En réalité, il n’en est rien. Démolition est un film étrange, qui ne ressemble à pas grand chose de connu, il est déstabilisant. L’insensibilité du personnage principal (joué par l’excellent Jake Gyllenhaal) ne cherche pas l’empathie du spectateur et pourtant on s’y attache rapidement. Il y a parfois une impression de malaise, souvent de l’émotion. Quand Davis commence à écrire des lettres (très personnelles) au service client de la société de distributeurs automatiques, le film bascule dans un univers un peu fantasque.  En découle sa rencontre avec Karen, la responsable du service clients, et son fils, scènes qui pourraient se révéler romantiques et niaises, mais il n’en est rien.

Le scénario de Bryan Sipe est brillant car il ne cessera de surprendre le spectateur, de l’entraîner dans diverses directions. Si la métaphore de la démolition (démolir pour se reconstruire) est simpliste, elle n’empêche pas le film d’aborder le deuil de manière touchante et lumineuse. Jean-Marc Vallée, le réalisateur de Crazy et de l’excellent Dallas Buyers Club, continue de filmer des hommes (et femmes) pas comme les autres, blessés par la vie mais qui refusent de baisser les bras et se lèvent pour se battre (comme par exemple Ron Woodroof dans Dallas Buyers Club). C’est aussi un film sur la tolérance et l’acceptation de la différence. Ne pas vouloir rentrer dans les clous, semble se dire le rélisateur et son personnage principal, Davis, qui « pète un câble » après la mort de sa femme. Et décide de se déconstruire pour se reconstruire et surmonter ce deuil. Démolition est aussi un nouveau succès pour Jake Gyllenhaal, qui s’impose comme un grand acteur de sa génération. Après le très sombre (mais excellent) Nightcall, il confirme sa volonté de chercher des rôles originaux et passionnants.

En bref, un beau film sur le deuil, traversé de pointes d’humour, solaire et juste.

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