Ma’ Rosa

ma rosa

Compétition officielle – Festival de Cannes 2016

Prix d’interprétation féminine pour Jaclyn Jose

Ma’Rosa a quatre enfants. Elle tient une petite épicerie dans un quartier pauvre de Manille où tout le monde la connaît et l’apprécie. Pour joindre les deux bouts, elle et son mari Nestor y revendent illégalement des narcotiques. Un jour ils sont arrêtés. Face à des policiers corrompus, les enfants de Rosa feront tout pour racheter la liberté de leurs parents.

Je n’avais encore jamais vu de films du réalisateur philippin Brillante Mendoza, bien que ces films soient régulièrement présentés au Festival de Cannes. Cette année, j’ai pu découvrir Ma’Rosa, une plongée dans les quartiers pauvres de Manille, dans le quotidien d’une famile qui luttent pour survivre. Mais pas de misérabilisme même si Mendoza filme la pauvreté de ces gens. Car malgré tout, ce sont des gens forts, à l’instar de Ma’Rosa, l’héroïne, celle qui donne son nom au titre (interprété par l’excellente Jaclyn Rosa, qui a remporté le prix d’interprétation féminine). Cette mère de famille mène son monde à la baguette, mari et enfants, et ne se laisse pas faire. On pense portrait de femme dans les vingt premières minutes du film, mais quand la police débarque pour les arrêter pour vente (illégale) de drogues, on bascule dans une autre thématique : celle de la corruption, que tend à dénoncer Mendoza. Ma ‘Rosa a une intrigue resserrée sur un peu moins de 48h, le film ne s’éparpille donc pas dans tous les sens, et le réalisateur suit principalement les membres de la famille de Ma’Rosa : la descente de la police, l’attente dans les bureaux, la manipulation, la dénonciation d’un dealer contre leurs libérations, le pot de vin…C’est assez linéaire (et un peu prévisible), exempt de dramatisation (et donc à mon sens, un peu froid) et réaliste, à tel point qu’on se demande si Mendoza n’a pas voulu faire un docu-fiction. Mais ce qui m’a vraiment marqué dans ce film, c’est plus sur la forme que le fond : Brillante Mendoza a un réel talent de mise en scène. Le film Ma’Rosa est très beau, les scènes tournées caméra à l’épaule donnent un sentiment de nervosité, d’urgence au film (ce qui permet de limiter l’ennui de ce film où il y a peu d’action), les nombreux plans séquences font montre d’un travail technique impressionnant. Tourné principalement de nuit ou en intérieur, le film a des couleurs superbes (le directeur de la photographie, Odyssey Flores suit Brillante Mendoza depuis le début). Bref, un drame un peu thriller sur fonds de trafic de drogue et de corruption qui va suivre une famille dans la tourmente durant presque deux jours. Rien de très nouveau mais à voir, ne serait-ce que pour le talent de Mendoza.

Le film sortira le 12 octobre 2016.

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