Le Client

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Contraints de quitter leur appartement du centre de Téhéran en raison d’importants travaux menaçant l’immeuble, Emad et Rana emménagent dans un nouveau logement. Un incident en rapport avec l’ancienne locataire va bouleverser la vie du jeune couple.

Rarement une filmographie de cinéaste n’aura été aussi homogène et complémentaire que celle d’Asghar Farhadi, scénariste et réalisateur iranien. La fête du feu (2006) laissait présager Une Séparation (succès de l’année 2010), qui lui-même a engendré Le Client (dans les salles le 9 novembre 2016) dans la plus logique continuité. Ses films se répondent, tissent des liens entre eux et on y retrouvent les thématiques chères au réalisateur : vengeance, humanité, mensonges, moralité. Dans son dernier drame moral, Le Client donc, un couple issu d’une classe moyenne cultivée, va devoir faire face à l’agression de l’héroïne dans leur nouvel appartement. Son compagnon n’aura de cesse de chercher un coupable. Farhadi s’essaie au mélange des genres, insufflant du suspense dans un drame intime et psychologique. En filigrane le cinéaste montre la difficulté pour un jeune couple de vivre à Téhéran. L’immeuble fissuré qui menace de s’effondrer au début du film, c’est une métaphore de cette ville en chantier, entre destruction et reconstruction, tiraillée entre ses habitants perdus, qui cherchent leur place dans ce nouveau Téhéran.

En parallèle, on assiste aux répétitions de la pièce de théâtre dans lequel Emad et Rana jouent en soirée : Mort d’un commis voyageur de Arthur Miller. Grâce au scénario habile et bien écrit de Farhadi, l’histoire de ce couple trouve de nombreuses ressemblances avec la pièce de Miller, telle une mise en abîme. Le Client est peut-être son oeuvre la plus aboutie, la plus maitrisée tant au niveau de l’écriture que de la mise en scène. Une maîtrise qui se révèle un peu handicapante, car rendant le film hermétique à l’émotion. Et ce n’est pas la faute des acteurs principaux, tous deux excellents : Shahab Hosseini et Taraneh Alidoosti, déjà vus dans la filmographie de Farhadi. Ils sont au centre du film, tout en finesse et en grâce. Deux acteurs brillants pour un beau  film, qui s’il ne s’élève pas au niveau d’Une Séparation, rappelle qu’Asghar Farhadi est le meilleur pour filmer et raconter la nature humaine.

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