Comancheria

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Comancheria, le titre français du film, ne rend pas hommage au très beau titre de la version originale : Hell or high water qui signifie quoi qu’il advienne. Dans ce polar rugueux, deux frères commettent des braquages de banque après la mort de leur mère pour éviter la saisie du ranch familial. Bientôt, un ranger à quelques jours de la retraite et son adjoint sont à leurs trousses, bien décidés à les arrêter. Mêlant des genres très différents (western, film de braquages, drame social, tragédie familiale), le scénario de Taylor Sheridan (qui avait écrit celui de Sicario) se démarque de la production habituelle. Le contexte prend place dans une Amérique délaissée et pauvre, dans des ranchs qui tombent en ruine, où des cowboys fatigués et désespérés sont prêts à tout pour retrouver un peu de dignité. Il y a quelque chose de très beau dans ces personnages abimés et aculés, mais aussi dans ces territoires désertiques et  poussiéreux. Il faut reconnaître au réalisateur David Mackenzie (Perfect Sense, Les poings contre les murs) le talent de savoir mêler intensité et apaisement, humour et tragédie inéluctable. Tanner le dit, il ne connait personne qui s’en soit tiré. Si Toby (interprété sobrement par un Chris Pine charismatique) est le frère le plus « propre » sur soi, père divorcé essayant de mettre ses enfants à l’abri de la pauvreté, c’est Tanner (impressionnant et intense Ben Foster, habité par la rage et la violence) qui est le personnage le plus intéressant : impulsif, sang chaud, fils mal aimé qui cache sa souffrance sous une couche d’humour gras et de cynisme, qui n’a peur de rien et qui est prêt à tout pour son petit frère. Leur duo fait miroir à celui du ranger Marcus (Jeff Bridges, impeccable) et son acolyte (Alberto Parker), un duo moins fort mais aussi émouvant. Sous les moqueries et blagues de mauvais goût lancés par Marcus, on sent le lien qui l’unit et l’amitié qu’il porte à son ami. Quatre cowboys lancés dans leurs quêtes de justice, au final pas si différentes, dans des paysages magnifiques. Avant de conclure, saluons la superbe BO du film, qui s’accorde parfaitement avec l’univers très riche du film, composé par Nick Cave (à qui l’on devait déjà la BO de L’Assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford) et Warren Ellis.

 

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