Réparer les vivants

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Dans Réparer les vivants, Katell Quillévéré filme des hommes et des femmes qui vont se croiser (ou pas) et influer sur la vie des uns les autres (sans toujours le savoir), avec comme fil de conducteur le don d’organes. Plus précisément, le coeur de Simon, adolescent de 17 ans décédé dans un accident de voiture en rentrant d’une séance de surf. Tout va se dérouler sur quelques heures et pour chacun de ses personnages, plus rien ne sera comme avant.

C’est avec beaucoup de pudeur et de tendresse que la réalisatrice met en scène le magnifique roman de Maylis de Kerangal. Cela commence sur un regard amoureux, une histoire d’amour pleine de promesses, puis par un accident, la tristesse, le choc, la mort cérébrale. Mais plutôt que de s’enfoncer dans la noirceur, Katell Quillévéré prend le parti de la vie, de la lumière, de l’espoir. Elle filme les moments de détente des médecins et des infirmières, les petites blagues qui permettent de cotoyer la mort et la souffrance et puis Claire, en attente d’une transplantation cardiaque. Et qui, grâce au coeur de Simon, pourrait continuer à vivre. C’est sans pathos et sans être sinistre ou mélancolique que la réalisatrice de Suzanne (2013) nous plonge avec intensité dans cette histoire, celle d’une mort et d’une renaissance. La progression est presque chirurgicale. On suit le cheminement de ce coeur, de ce don, dans toutes les étapes. Avec un sentiment d’urgence par moment (la scène dans le bloc opératoire très intense). Mais sans jamais sacrifier la poésie et la beauté, un moment de grâce. La bande son de Alexandre Desplat est somptueuse. Le casting impeccable, mêlant jeunes acteurs et acteurs reconnus (Tahar Rahim, Anne Dorval, Bouli Lanners, Monia Chokri, Alice Taglioni, Alice de Lencquesaing, Finnegan Oldfield, Dominique Blanc, Gabin Verdet). Mention à Emmanuelle Seigner et Kool Shen en parents dévastés, dignes et brisés. Un beau drame, délicat et beau, qui touche en plein coeur.

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