La fille de Brest

Emmanuelle Bercot revient en grande forme après La tête haute (2014) en racontant le combat de Irène Frachon, pneumologue au CHU de Brest qui s’est battue durant des années contre le Médiator, un médicament qui a causé la mort de nombreux patients. Le film est passionnant. La mise en scène rythmée donne des faux airs de thriller. On est rapidement entraîné dans ce combat contre la montre, un combat qui va opposer un poignée de médecins qui veut sauver des vies face à la grosse industrie pharmaceutique qui pense à l’argent au détriment des êtres humains. Si parfois Irène Frachon et son équipe ploient, jamais ils ne cassent et continuent leur lutte, seuls contre tous, dignes. L’idée formidable de la réalisatrice est d’avoir demandé à Sidse Babett Knudsen d’interpréter Irène Frachon. L’actrice danoise que l’on a pu voir dans Borgen, L’hermine (avec Luchini) et dernièrement Westworld, apporte son accent nordique, ses magnifiques yeux bleus, son talent et sa classe à cette Fille de Brest. Epaulée par d’excellents acteurs (Benoît Magimel, Isabelle de Hertogh, Gustave Kevern….), elle campe une Erin Brokovitch française forte et solide, tenace et drôle. Un film social percutant doublé d’un beau portrait de femme. Un film indispensable et implacable qui aide à ouvrir les yeux sur notre monde. La fille de Brest donne envie de se battre face aux inégalités, à l’injustice, à un système corrompu, un peu comme Moi, Daniel Blake de Ken Loach. Et c’est peut-être le plus beau compliment qu’on puisse lui faire.

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