Nocturnal Animals

Sept ans après A single man, Tom Ford (oui oui le couturier) revient avec un drame esthétique et violent, Nocturnal Animals. Il y est question de vengeance(s) à travers un scénario dense qui entrelace trois temporalités différentes, trois histoires différentes (ça peut paraître compliqué, mais ça ne l’est pas du tout, le résultat étant très fluide) : celle de Susan, à l’heure actuelle, qui s’ennuie profondément dans sa vie et qui reçoit un beau matin le manuscrit de son ex-mari, Edward ; le passé où l’on découvre l’histoire d’amour entre Edward et Susan une vingtaine d’années auparavant ; et le roman d’Edward que Susan lit quasiment tout au long du film. L’écrivain s’y met en scène à travers le personnage de Tony Hastings, un père de famille, qui vit un enfer après que sa femme et sa fille aient été enlevées devant lui en pleine nuit.  Un scénario aux multiples résonances avec l’histoire de Susan et Edward, qui se révèle envoûtant et hypnotisant. Les scènes tirées du roman sont glaçantes par la violence et l’horreur des évènements. Celles se déroulant dans le présent avec Susan le sont également, dans un autre registre : dans cet univers bourgeois aseptisé et froid dans lequel elle évolue (en contraste avec les couleurs chaudes du récit d’Edward), Susan est malheureuse, délaissée par son mari, se sent vide de sens et réalise qu’elle ressemble de plus en plus à sa mère, qu’elle a toujours haïe. Dans ce monde de paraître, de mensonges et d’hypocrisie, Susan se meurt d’ennui mais retrouve peu à peu des sensations en lisant le récit de son ex-mari. Nous n’en dirons pas plus. Nocturnal Animals est un très beau film, visuellement excellent, qui souffre de quelques lourdeurs, mais qui fascine. La mise en scène du cinéaste y est pour quelque chose, intense, esthétiquement très travaillée, essayant de se renouveller sans cesse. Sinon, on est ravi de retrouver la rousse flamboyante Amy Adams après le superbe Premier Contact. Elle étincelle au milieu d’un casting principalement masculin, les toujours excellents Jake Gyllenhaal, Michael Shannon et Aaron Taylor-Johnson. Une oeuvre qui a été boudée par de nombreux spectateurs et journalistes mais que je vous conseille de découvrir.

 

 

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