Noces

A l’instar des héroïnes de Mustang (de Deniz Gamze Ergüven, 2015), Zahira se rebelle, se révolte, rue dans les brancards, rejette les traditions étouffantes. Zahira est écartelée entre sa famille pakistanaise au mode de vie traditionaliste, qu’elle aime et dont elle est très proche, et son désir d’être libre, de vivre sa vie comme elle l’entend. Elle se veut libre, légère. Alors elle sera celle qui résiste. « C’est injuste » dit-elle à sa grande sœur. Injuste quand à 18 ans on veut la marier de force. Le poids des traditions a rarement été aussi lourd. Car si Zahira ne cède pas, c’est toute sa famille qui perd la face, son honneur, qui subira la honte. La lutte commence alors entre sa famille et elle, une lutte dans laquelle les arguments des parents de Zahira sont – pour nous, occidentaux – ahurissants. Le réalisateur nous rappelle que les droits de la femme, à l’heure actuelle, ne sont pas encore acquis par tous. C’est un superbe portrait de femme, une ode à la liberté, à la tolérance, au féminisme. Présenté dans de nombreux festivals (le TIFF, le Festival international du film de Rome, le Festival du film francophone d’Angoulême, et d’autres), le 3e long métrage du réalisateur belge Stephan Streker a été porté par des critiques et un bouche à oreille très positifs.  Il faut dire que malgré un côté un peu démonstratif, Noces est un très beau film. Très émouvant et vivant, car porté par une jeune actrice extraordinaire, Lina El Arabi, pleine de fougue et de vie, de passion et d’envie de liberté. La mise en scène n’a d’ailleurs de cesse de filmer son visage, de jouer avec les champs/contre-champs, pour se focaliser sur elle, Zahira, en lutte intérieure, touchante et émouvante. Si le final est prévisible – mais glaçant, cela n’empêche pas Noces d’être un film remarquable.

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