Festival de Cannes 2017

Petites chroniques des films vus au Festival de Cannes

Compétition

Okja** : première production Netflix a être présenté au Festival, le nouveau film de Bong Joon-Ho n’a pas la puissance ni la créativité de Snowpiercer son précédent film. S’il commence comme une sorte de conte écolo (assez dingue), le film déploie par la suite une lourde charge anti-capitaliste et dénonçant notre société de consommation. Loin des blockbusters lisses d’Hollywood, Okja se veut satirique, cynique et caricatural. C’est drôle et dynamique, les effets spéciaux sont très bien réalisés mais le film ne marquera pas les esprits malgré une prestation complètement hallucinée et hallucinante de Jake Gyllenhaal, qui n’a de cesse de film en film de déconstruire son image d’acteur « sage » (Nightcall, Enemy, Nocturnal Animals…). Malgré l’originalité du scénario, le film utilise de grosses ficelles et ne sors pas des rails. A découvrir sur Netflix dès le 28 juin.

The Meyrerowitz Stories ***: le nouveau film de Noah Baumbach (Frances Ha, Mistress America, While we’re young), produit par Netflix, est cynique et grinçant comme jamais ! Le réalisateur retrouve un nouveau souffle après son dernier film, Mistress America, trop mou. Dans The Meyrerowitz Stories, le cinéaste met en scène une famille dysfonctionnelle. Les acteurs sont excellents (Adam Sandler, Ben Stiller, Dustin Hoffman, Emma Thompson, Elizabeth Marvel) et les bons mots fusent avec une rythme imparable. Il y a définitivement du Woody Allen dans ce film. C’est très bavard mais terriblement jouissif. Date de sortie : inconnue.

 

120 battements par minute **** : le titre est magnifique. Le film aussi. Robin Campillo a largement mérité son Grand Prix. Palme du coeur, 120 battements par minute nous emporte dans les tourbillons des années 90 au côté des militants Act Up-Paris, à une époque où le Sida détruit des milliers de vie dans l’indifférence. C’est passionnant de bout en bout, malgré les 2h20. Le réalisateur raconte les réunions, la maladie, les histoires d’amour, les manifestations, les actions, la mort et la vie, ceux qui restent. C’est bouleversant, extrêmement juste et important. A ne surtout pas manquer lors de sa sortie en salles le 23 août.

Rodin **

L’amant double ***

Quinzaine des réalisateurs

A Ciambra ***: Pour son 2e long métrage (après Mediterranea en 2015, présenté à la Semaine de la critique), Jonas Carpignano nous plonge dans le portrait très réaliste d’une famille de Roms (sur)vivant dans un village italien en Calabre. C’est à travers le personnage de Pio, 14 ans, que nous découvrons le film. Pio fume, boit, apprend les arnaques et rêve d’être comme son grand frère. Quand celui-ci est arrêté par la police, le jeune homme décide de prendre sa place et va être confronté à des situations et dilemmes trop lourds pour lui. Filmé caméra à l’épaule et joué par des non-professionnels, A Ciambra impressionne mais ses thématiques déjà vus maintes fois (dont le passage de l’enfance au monde adulte au centre du récit) l’empêche de convaincre et de nous emballer totalement. Sortie prochainement.

Otez-moi d’un doute *** : le nouveau film de Carine Tardieu (La tête  de maman, Du vent dans mes mollets) est une excellente comédie, drôle et intelligente, mettant en scène François Damiens et Cécile de France dans un quiproquo familial émouvant. Sortie prévue le 6 septembre 2017.

Un certain regard

Western ***: le film de Valeska Grisebach, réalisatrice allemande, est très intéressant malgré sa lenteur qui pourra en rebuter plus d’un. Un groupe d’ouvriers allemands début un travail de construction à côté d’un village bulgare. Le choc des cultures ne tarde pas à venir, entre les ouvriers et les habitants du village. Seul le personnage principal, Meinhard, va tenter de s’intégrer. Ce portrait attachant d’un homme sans racines cherchant sa place est émouvant. La réalisatrice arrive à instaurer une sorte de climat oppressant. La chaleur monte, les mentalités s’échauffent et on attend l’implosion  (ou l’explosion).  Sortie prévue le 22 novembre 2017.

Semaine de la critique

Ava ****: voir la critique 

Los Perros ***: ce film mêle habilement un portrait de femme, Mariana, et les fantômes du passé, le Chili étant encore hanté par la dictature. C’est à travers la relation entre Mariana, bourgeoise quadragénaire, et son professeur d’équitation, ex-colonel suspecté d’exactions pendant la dictature, que le film de Marcela Said se déploie. Mais ce qui passionne réellement c’est le personnage -complexe – de Mariana, emprisonné dans un mariage sans amour, qui joue la potiche, et qui décide de ruer dans les brancards, de se réveiller face au sexisme ambiant. Le rôle que son père et son mari ont toujours voulu qu’elle tienne ne l’intéresse plus et elle va découvrir des secrets enfouis. La réalisatrice n’est pas tendre ou complaisante avec Mariana (Antonia Zegers) et son héroïne irrite autant qu’elle se veut attachante. Sortie prochainement.

Hors compétition

Les fantômes d’Ismaël *** : je ne suis pas une grande fan de Desplechin, mais je dois dire que son dernier film m’a emballée. Il y a quelque chose de tragique et de romanesque dans cette histoire de fantôme. Ismaël, un cinéaste, aime Sylvia. C’est réciproque. La vie est belle, les deux amoureux partent quelques jours au bord de mer. Mais Carlotta, sa première femme, l’amour de sa vie disparu, réapparaît sur la plage. Un film porté par trois grands acteurs (Mathieu Amalric, Charlotte Gainsbourg, Marion Cotillard) qui séduit.

The Ride (séance spéciale) ** : un docu intéressant mais rapidement oubliable sur une troupe de cavaliers Sioux traversant les grandes plaines du Dakota pour commémorer le massacre de leurs ancêtres à Wounded Knee. Un joli voyage où différentes générations se côtoient à la recherche de la mémoire et de l’identité perdue de leurs ancêtres. Sortie prochainement.

Cinéma des antipodes 

Catégorie où l’on peut découvrir de nombreux films venant d’Océanie

Love Hunters ***: Une jeune fille est enlevée et séquestrée par un couple. Elle va tenter d’utiliser leurs failles pour survivre. Un thriller psychologique prenant et anxiogène, qui malgré un sujet pas très original, arrive à captiver par la force de ses interprètes et sa mise en scène travaillée. Sortie le 12 juillet 2017.

Embrace ***: Taryn Brumfitt a une énergie incroyable ! Elle est à l’origine du documentaire Embrace qui prône les valeurs du body positivism. Ayant été très complexée par son corps et son poids, elle se décide à arpenter la planète à la rencontre d’une dizaine de femmes, toutes différentes, pour rappeler qu’il n’y a pas de corps parfait et qu’il faut s’accepter soi-même. Un docu qui fait énormément de bien, qui mériterait d’être vu par tous, hommes et femmes, pour nous libérer de nos complexes formatés par la société. Sortie prochainement.

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