Nos batailles (Festival de Cannes 2018)

Olivier se démène au sein de son entreprise pour combattre les injustices. Mais du jour au lendemain quand Laura, sa femme, quitte le domicile, il lui faut concilier éducation des enfants, vie de famille et activité professionnelle. Face à ses nouvelles responsabilités, il bataille pour trouver un nouvel équilibre, car Laura ne revient pas.

Nos batailles est mon coup de cœur du Festival de Cannes, le film qui m’a le plus touché, le plus ému, qui m’a bouleversé jusqu’aux tripes. Si pas tous les spectateurs ne partagent mon avis, et c’est normal, je veux prendre le clavier pour en toucher quelques mots. Après le très beau Keeper (rappelez-vous, un couple d’adolescents amoureux qui se voit confronter à une grossesse imprévue), Guillaume Senez revient avec son nouveau film, son second long métrage, Nos Batailles. Dans ce drame social bouleversant, il est question d’une famille, qui tente de (sur)vivre, comme nous tous. Jusqu’à ce que Laura, la femme, la mère, parte. Incompréhension, colère, tristesse. Olivier doit s’organiser entre les enfants et le travail. Doit essayer de joindre les deux bouts. Les scènes dans l’entreprise dans laquelle travailler Olivier (une sorte d’entrepôt façon Amazon) sont dans la lignée des films de Stéphane Brizé (et rappellent directement le film En guerre). Dès les premières scènes, le ton est donné : l’entreprise favorise la compétitivité, le rendement, l’individualisme et un management qui n’a que faire de l’humain. Guillaume Senez raconte avec puissance une société qui abîme les êtres, il montre sans glamour le quotidien d’une famille de la classe moyenne. Héritier des films des frères Dardenne, Nos batailles leur empruntent un réalisme social quasi-documentaire mêlé à un drame intimiste, familial. D’ailleurs, les acteurs ont tourné plusieurs scènes en improvisant. Le résultat est sensible, fin, délicat et politique. Le film avance à petits pas, s’attachant à raconter les tristesses, les petits bonheurs, les difficultés, les erreurs, les marques d’amour du quotidien. Romain Duris est parfait, émouvant en père blessé, en père tentant de continuer. A ses côtés, on est plus que ravis de revoir Laetitia Dosch, fabuleuse actrice, que l’on suit depuis la révélation Jeune Femme au Festival de Cannes 2017.

Sortie le 10 octobre 2018.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *