Wildlife (Festival de Cannes 2018)

Dans les années 60, Joe, un adolescent de 14 ans, assiste impuissant à la lente dégradation des rapports entre son père et sa mère.

Paul Dano, jeune acteur de génie découvert dans Little Miss Sunshine et consacré dans There will be blood, se lance dans la réalisation. Exercice pas facile que de nombreux acteurs ont raté. Il décide d’adapter un roman de Richard Ford, Une saison ardente. Dans la lignée des fils de Douglas Sirk ou plus récemment de Todd Haynes, le film nous raconte une famille au bord de l’implosion aux Etats-Unis dans les années 60. Un scénario brillant écrit à 4 mains, avec sa compagne, l’actrice-scénariste Zoé Kazan, petite-fille du grand Elia Kazan (rien que ça !). C’est à travers le regard du fils de la famille que l’on rentre dans ce foyer à priori modèle, qui explose petit à petit. Le père (Jake Gyllenhaal) part combattre les incendies, honteux d’avoir été renvoyé, dépressif, laissant sa femme et son fils derrière lui. Celle-ci (Carey Mulligan, élégante et excellente) prend le parti de ne pas se laisser abattre et de continuer à vivre. Au milieu, Joe, 14 ans, voit ses parents se déchirer et son monde secoué. Wildlife est un film très beau, qui en racontant l’histoire d’une famille nous fait le portrait d’une époque : celle des années 60, d’un American dream essoufflé, qui ne fait plus rêver grand monde, d’une société rongée par le chômage et dans laquelle les femmes tentent tant bien que mal de s’émanciper de leur rôle de housewives. Si la réalisation est sage et classique, elle est aussi délicate et élégante, rendant hommage aux tableaux d’Edward Hopper. Il faut aussi saluer le trio d’acteurs formidables, le jeune Ed Oxenbould et les vétérans Jake Gyllenhaal et Carey Mulligan qui retrouvent de beaux rôles à la hauteur de leur talent.

 

A découvrir en salles le 19 décembre 2018

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