The Fountain

Les trois âges de Darren Aronosfky

Hugh Jackman et Rachel Weisz. TFM Distribution Hugh Jackman. TFM Distribution Hugh Jackman et Rachel Weisz. TFM Distribution

Dur, dur de résumer un tel film. D’ailleurs ça ne se résume pas. Le voyage entre trois âges de Thomas est complétement bouleversant. Tomas conquistador en Espagne au 16e siècle, Thomas qui veut sauver sa femme Izzie du cancer en 2006, et Tom en 2500 qui a découvert ce pourquoi il s’est toujours battu. Voilà pour l’intrigue de l’histoire. Avec une immense poésie, Aronofsky part aux confins de cette quête bouleversante. Bouleversant, un mot qui revient souvent. Parce qu’il définit le film. Quand le générique commence après le film, on est skotché à son siège. On s’est pris une claque. Une grosse. Une des meilleures de l’année et même depuis longtemps. On reste bête dans son fauteuil. On ne pense plus à rien, juste à eux. Thomas et Izzie. On s’essuie alors les yeux, et puis tant pis s’ils sont rouges, ça montre la grandeur du film. Car The Fountain fais pleurer. Pleurer pour tant de beauté, de tristesse, de poésie et parce qu’on se dit qu’on a rarement, voir jamais, vu une oeuvre aussi spéciale, aussi belle. L’esthétisme du film est poussé à son paroxysme: certaines images sont des bijoux, comme l’Arbre de vie. Tout est racé, tout est minutieusement mis en place chez Aronosfky. La beauté se dégage de ses scènes. La musique est grandiose. Sans doute la plus belle que j’ai entendu: elle colle parfaitement avec les émotions, les personnages. Les personnages. En dehors des plans de l’Arbre de vie, la caméra se resserre sur les visages des deux héros. Aronosky nous les montre à fleur de peau, avec pudeur, avec émotion, avec luminescence et magnifiscience. Et qui d’autre que Hugh Jackman et Rachel Weisz pour camper les rôles principaux? Hugh Jackman toujours excellent dans tous ces films, montre ici une nouvelle facette de son talent : il est humain, il pleure, il souffre. Son meilleur rôle jusqu’à maintenant. Rachel Weisz est elle aussi excellente, tout en pudeur, tendresse et tristesse. Aronosfky laisse la caméra les suivre, elle essaie d’attraper une infime partie de leur prestation, on ne dirait pas qu’elle les filme d’ailleurs, la caméra glisse sur eux comme sur de la soie. Elle attarde sur leurs visages, leurs yeux, reflets de leur âme, elle les caresse. On a l’impression que ce film ode à l’amour et la poésie et aussi une ode à lui, Hugh Jackman, et à elle, Rachel Weisz (sa femme à la ville). Un film qui ne manquera pas de marquer leur carrière, comme il nous a marqué nous. Et si l’histoire se complique vers la fin, ce n’est rien, bien au contraire, Aronosfky ne fait que montrer la complexité de la vie et de la mort, thème central du film. Ce qui est dommage c’est les gens qui croiront les mauvaises critiques, qui ne tenteront pas l’expérience: ils passeront, comme l’a dit Mathieu Carratier dans Première, à côté "d’une des oeuvres les plus fascinantes à avoir foulé les salles depuis très longtemps".

Rachel Weisz et Hugh Jackman. TFM Distribution Hugh Jackman. TFM Distribution Hugh Jackman et Rachel Weisz. TFM Distribution

Rachel Weisz. TFM Distribution

The Fountain, film poétique sur la vie, la mort et l’immortalité en trois temps, par Darren Aronofsky met en scène comme jamais Rachel Weisz et Hugh Jackman (qui a là son meilleur rôle) tout en pudeur et beauté. Une beauté qui transpire de chaque scène, la vraie beauté. Une beauté visuelle à couper le souffle. Mais avant tout une histoire d’amour pour un réalisateur hors du commun qui nous donne une grosse claque avec son dernier chef d’oeuvre. Les mots manquent pour le décrire mais par pitié ne passait pas à côté, car sinon vous louperez une oeuvre essentielle magnifique et subliminale.

Affiche américaine. 2005 Twentieth Century Fox

One thought on “The Fountain

  1. Bonjour,

    J’ai royalement détesté ce film que j’ai trouvé surjoué, prétentieux, soporifique et surtout vain. Aronofsky ne manque pas de savoir-faire et il possédait là un sujet en or, mais il est complètement passé à côté de la plaque selon. Il ne parvient malheureusement à renouveler l’exploit de « Requiem for a dream ». Reste la partition magnifique de Clint Mansell qui ne parvient malheureusement à sauver l’entreprise du naufrage… Un beau gâchis en somme.

    Amicalement,

    Shin.

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