La jeune fille de l’eau

Le conte de M.Night .Shyamalan

Grant Monohon, Jeffrey Wright et Ethan Cohn. Warner Bros. France Paul Giamatti. Warner Bros. France Bryce Dallas Howard. Warner Bros. France

Cleveland Heep est le gardien discret d’un immeuble. Une nuit, il découvre une nymphe dans la piscine. Story, c’est comme ça qu’elle s’appelle, lui demande de l’aide. Elle doit retourner dans son monde mais elle est pourchassé par un Scrunt qui veut la tuer.

On est bien loin de Sixième Sens. Et vous savez quoi? C’est pas plus mal. Délaissant les histoires de fantômes, les ambiances un peu glauques, M.Night Shyamalan ne perd pas son statut de premier conteur du cinéma. Cette fois-ci c’est dans une tiède nuit que se noue le destin de Cleveland et de Story, une nymphe. Vous l’avez compris, La jeune fille de l’eau est un conte à part entière. Un conte avec des Nymphes, des Scrunts et des Tartoutics. Le film s’étant pris une claque monumentale aux USA, la sortie en Europe et en France n’en a été que plus prudente. Résultat, un mauvais score au box-office. Et pourtant La jeune fille de l’eau ne le méritait pas. Très poétique, très beau tant ésthétiquement que dans l’histoire, doté d’une magnifique musique, le film est également très original, mêlant le fantastique et l’improbable à la réalité froide de ces habitants sans imagination. Mais petit à petit au contact de Story, Cleveland et les autres vont se donner un but qui va les unir, eux qui semblaient si différents. Si en surface La jeune fille de l’eau est un conte, en profondeur il y a beaucoup plus. L’entraide notamment est un des thèmes forts du film. Shyamalan réalise également de très beaux plans, notamment la scène où Story répond avec des gestes aux questions d’Anna qui est très belle. Certes parfois on se demande où il veut en venir et certaines questions restent sans réponse mais la beauté de certains plans et la poésie qui se dégage de l’oeuvre nous font vivre un moment unique. Alors non, La jeune fille de l’eau mérite réellement d’être applaudit parce que de temps en temps c’est bien de sortir de sa routine et de rêver, ne serait-ce que pendant 1h50. Ses deux acteurs principaux y sont pour beaucoup: Paul Giamatti, vraiment génial, est intense dans sa façon de garder ses sentiments et son histoire, les ombres de son passé. Bryce Dallas Howard encore peu connue, depuis elle a joué dans Spiderman 3, est à la fois fragile et douce, sa peau pâle et ses yeux clairs illuminant tout le film de sa beauté simple mais brute.

Le réalisateur n’a pas parié sur Bruce Willis cette fois-ci, mais sur des acteurs inconnus du grand public. Et c’est tant mieux. Loin de tout ce qu’il a pu faire avant, il laisse la magie et la poésie nous emportait dans cette histoire drôle et triste où l’imagination règne. Certes l’histoire avance doucement, un peu mollement, mais personnellement ça ne m’a pas gêné. M.Night Shyamalan peut dormir sur ses deux oreilles: c’est pas encore aujourd’hui qu’on lui piquera sa place de meilleur conteur du cinéma.

Affiche teaser américaine. Warner Bros. France
 

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