Whatever Works

Le tout, c’est que ça marche !

Larry David et Evan Rachel Wood. Mars Distribution

Evan Rachel Wood, Larry David et Ed Begley Jr.. Mars Distribution

Henry Cavill et Evan Rachel Wood. Mars Distribution

Boris Yellnikoff et Melody n’auraient jamais du se rencontrer. Lui est un génie de la physique quantique qui a raté le prix Nobel, son mariage et son suicide. Elle une jeune fugueuse un peu idiote que sa mère a traîné dans tous les concours de beauté. Lorsque Boris l’héberge chez lui, c’est le début d’un duo surprenant.

Whatever Works, le nouveau Woody Allen, renoue avec les origines du maître, soit New-York. Après un séjour de 3 ans à Londres (Match Point, Scoop, Le rêve de Cassandre) et une escapade en Espagne (Vicky Cristina Barcelona), le cinéaste pose ses valises en Amérique et y déverse toute sa verve et ses dialogues cinglants. On peut le dire d’emblée, le cru 2009 est meilleur que les trois films précédents, qui restent mineurs dans la filmographie de Allen.
Whatever Works (heureusement les distributeurs français n’ont pas traduit le titre) est une comédie bavarde (comme chez tous les W.Allen), originale et s’amusant à détruire morceau par morceau le côté puritain américain ainsi que la religion. Le personnage, donc, de Boris, double quasi-avoué de Woody Allen, n’a pas la langue dans sa poche, déteste tout le monde et compare les êtres humains à des vers de terre. Lorsque son côté pessimiste et misanthropique se heurte à la naïveté et l’insouciance (peut-on dire idiotie sans être méchant ^^?) de la jeune Melody, ça fait des étincelles. De ce duo piquant, Woody Allen tisse une oeuvre sympathique et amusante, mais également cruelle et montrant du doigt. On notera qu’une nouvelle fois, le rôle de la chance a une grand part dans le film comme pour Match Point.

En plus de dialogues écrits d’une main de maître, Allen donne encore et toujours sa leçon de cinéma. Le procédé ici employé fonctionne à merveille: Boris voit et parle aux spectateurs, alors que les autres personnages ne le peuvent pas et se demandent même si Boris n’est pas fou. En interpellant le spectateur dès les premières minutes du film (dans un plan séquence assez long mais cruellement drôle), celui-ci est tout de suite imprégné dans le long-métrage. Quant à ses personnages, ils sont géniaux, à la fois caricaturaux et subtiles, et écrit sur un ton jouissif et délectable. Pour les faire prendre corps sur l’écran, Woody Allen a redistribué ses cartes et confié le rôle de l’héroïne, Melody, à non pas Scarlett Johansson mais la jeune Evan Rachel Wood, excellente actrice qui s’amuse ici (avec talent) à jouer les idiotes. Woody Allen, lui, aurait pu parfaitement jouer le rôle de Boris, mais le cinéaste a laissé la place à Larry David, excellent en misanthrope un peu frappé. Il a su s’entourer des très bons Ed Begley Jr. et Patricia Clarkson pour jouer les parents de Melody et du très beau gosse Henry Cavill (vu dans The Tudors).

Politiquement incorrect, Whatever Works réjouit et séduit par ses bons mots, son ton grinçant et méchant et ses personnages déjantés. Le retour aux sources prouve que Woody Allen n’a pas perdu de son mordant. Allez, à l’année prochaine !

Mars Distribution
 

One thought on “Whatever Works

  1. Woody Allen m’avait fortement déçu avec son  » Vicky Cristina Barcelona  » bien qu’aimant Javier Bardem et Pénélope Cruz – mal exploités, à mon avis – et là-dessus je te rejoins dans ta critique, ses 3 derniers longs-métrages étaient peu ou pas intéressants ; alors quelle bonne surprise « Whatever Works » où l’on retrouve toute la verve, la fougue, le cynisme du réal américain et son cher New-York : un pur moment de cinéma, autant jubilatoire que jouïssif, avec une toute petite réserve; bien que Larry David soit excellent dans sa prestation, j’aurai bien aimé voir ce cher Woody dans le rôle de Boris Yellnikoff , à très bientôt !!!

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