Madame Bovary

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Le roman de Flaubert est à nouveau adapté sur grand écran. Après l’excellent Gemma Bovery avec la belle Gemma Arterton (adapté du roman graphique de Posy Simmonds), c’est au tour de Sophie Barthes, réalisatrice française, de se lancer avec un casting quasiment anglophone.
Rappelons en deux mots l’histoire de cette Madame Bovary au destin tragique. Emma se marie jeune à Charles Bovary, un médecin de province. La jeune femme s’ennuie, rêve d’une vie meilleure, elle dépense sans compter en robes et décorations pour la maison. Lorsque Léon Dupuis, jeune clerc du village, lui fait une déclaration d’amour, Emma l’éconduit mais est troublée. Léon quitte la ville mais elle rencontre le séduisant marquis d’Andervilliers qui devient son amant.

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Cette énième adaptation de l’œuvre de Flaubert reste classique mais bien mené. Sophie Barthes plonge l’héroïne dans un climat oppressant, nerveux au fur et à mesure que la folie prend possession d’elle. Les décors et les costumes sont de bonne qualité. Il manque pourtant l’essentiel : la passion. On ne ressent presque rien face aux tourments d’ Emma, son ennui, sa détresse, sa recherche d’un amour passionnel tel que dans les romans à l’eau de rose. Cette Emma Bovary est assez froide, je n’ai pas réussi à m’y attacher. La réalisatrice peine à montrer le feu intérieur de la jeune femme, qui la consumera jusqu’à la perdre. La faute sans doute à un scénario qui s’intéresse plus à une critique du capitalisme (acheter pour combler un manque, l’endettement qui en suivra) qu’à cette idée de l’amour passionnel qu’ Emma a découvert dans les romans et se rêve de vivre.

Mia Wasikowska qui est une bonne actrice manque de charme et de passion, on lui préfère sans hésiter Gemma Arterton qui avait interprétée Emma (Gemma) dans une version moderne plus inspirée. Les acteurs masculins manquent clairement de charisme : Ezra Miller et Logan Marshall-Green sont assez fades. Henry Lloyd-Hughes est en revanche très bon dans son rôle de mari délaissé par sa femme, incapable de lui donner ce qu’elle attend mais l’aimant malgré tout, tendrement.

Une nouvelle adaptation en demi-teinte, qui  permettra de faire découvrir l’histoire de Madame Bovary et qui se laisse agréablement regarder mais qui manque cruellement de passion.

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Pour aller + loin : Gemma Bovery, le film de Anne Fontaine
Gemma Bovery, le roman graphique de Posy Simmonds
Madame Bovary de Gustave Flaubert

 

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