Le Prestige

Abracadabra, Nolan vient de réaliser son nouveau tour de magie:
nous enchanter dans Le Prestige

Michael Caine et Hugh Jackman. Warner Bros. France Michael Caine, Scarlett Johansson et Hugh Jackman. Warner Bros. France Christian Bale. Warner Bros. France
"Tout bon tour de magie consiste en 3 actes. Premier acte : "La Promesse", le magicien vous montre une chose ordinaire risquant peu de l’être. Second acte: "Le Tour",il tire de l’ ordinaire une chose extraordinaire. Vous cherchez le secret…en vain. D’où le troisième acte: "Le Prestige". Plein de rebondissements. De choses que vous n’avez jamais vues."

Avec Le Prestige la boucle est bouclée : le 3e et dernier film de Scarlett du mois et de l’année vient de sortir aujourd’hui. A raison d’un film par semaine depuis le 1er novembre (Scoop puis le 8, Le Dahlia Noir), Scarlett nous a habitué à un cinéma de qualité. Et son dernier film ne faillira pas, bien au contraire…
Albert Borden et Robert Angier sont des magiciens. Alors qu’ils deviennent amis, un incident transforme leur amitié en rivalité, puis en haine. Ils sont prêts à tout pour découvrir les secrets de l’autre et se venger et vont se lancer dans un jeu pas sans danger : faire souffrir l’autre jusqu’à le détruire avec leur don, la prestidigitation. Mais cette rivalité aura des conséquences néfastes sur leurs proches…
Christopher Nolan signe un thriller magique au delà de la raison, au delà de l’entendement, au delà d’un simple film habituel. Pour ce duel hors normes, il plongera les 2 rivaux au début des années 1900 et leur octroiera un don : la prestidigitation. Le film n’a pas un montage classique : il commence par la fin et revient en arrière sous formes de flash-backs. Si au début on est déstabilisé, on reprend vite contenance devant la qualité du film. Tout est beau dans ce film : l’esthétisme sombre qui fait planer une vague de mystère sur l’histoire, les dialogues pertinents, la musique superbe, les personnages interprétés à merveille… On se régale du début à la fin par ce duel qui nous tient en haleine pendant 2h jusqu’au dénouement final surprenant. Ponctué de rebondissements, ce film aux faux airs de blockbuster nous manipule et nous plonge dans le monde de l’illusion. On regrettera une intrigue un peu complexe, dure à suivre par moments mais le mal est fait : Nolan vient de nous ensorceler. Mais ce thriller se transforme parfois en drame par la tension dramatique omniprésente et on aime ça: l’intrigue n’en est qu’encore plus intéressante et les retrournements s’enchaînent dans ce duel sans pitié. A cause de l’affiche, ratée, on aurait pu penser que le film serait un grand film hollywoodien cousu d’avance qui privilégie la magie, mais c’est bien tout le contraire pour notre plus grand plaisir :on avance pas à pas manipulé par ces deux hommes psychologiquement très intéressants puisque ce duel va les obséder, devenir une obsession qui les détruira.
Hugh Jackman est hyper classe comme à son habitude et vraiment habité par son rôle. Christian Bale, deuxième collaboration avec Nolan, est tout aussi bien, et nous livre une interprétation de qualité. Scarlett Johansson, très belle, a un rôle mineur mais rien à redire sur son jeu. Michael Caine est plus qu’ excellent et supplante tous les autres acteurs. On retrouve également les excellents Piper Perabo, Andy Serkis, David Bowie et Rebecca Hall.
L’addition Nolan + Jackman + Bale est conforme à ce que l’on espérait d’elle et on se régale. Magie, rebondissements, ambiance victorienne…Le Prestige est un grand thriller sombre et dramatique qui nous conte l’histoire de 2 hommes perdus dans les méandres de la prestidigitation qui se livre un duel sans merçi pour être celui qui aura le prestige…Fascinant. Et surtout magique. Mais tout le prestige reste néanmoins pour les frères Nolan.

 
Affiche américaine. Warner Bros.

2 thoughts on “Le Prestige

  1. je trouve la critique complète et relativement sympathique par le fait qu’elle soit fondée sur une analyse intéressante , et mise en avant par une présentation sobre mais efficace…
    je me situe dans la catégorie « amateur » , mais je trouve un peu dommage que tu n’ais pas parlé de la « bouderie » du cinéma francais observé vis-à-vis de ce film….

  2. Commentaire du commentaireTa critique fait penser à un devoir d’analyse cinémtographique, mais pas à une critique de cinéphile.
    Tu parles d’un scénario non linéaire, mais tu ne parles pas de Christopher Nolan, qui nous avait déjà déstabilisés, pour notre plus grand plaisir, avec Memento.
    Je ne vois pas en quoi l’affiche (française, en tout cas) pouvait faire penser à un blockbuster, on voit deux personnages prêts à s’affronter dans une autre dimension. D’autant que les personnages ne sont pas à la verticale, ce qui promet une perte de repères.
    Cependant, ta critique est complète. Tu invites à poser un regard nouveau, plus analytique.
    Enfin, pour faire une critique, il est nécessaire de donner des repères. Tu as certainement vu les autres films de Nolan. Comment trouves-tu celui-ci? Un amateur de Nolan y trouvera-t-il son compte? Ou le réal explore-t-il une nouvelle facette de son talent?
    Au cinéma, comme partout, il y a l’amateur et il y a l’expert. Le cinéphile, à mon avis, est un bon compromis des deux. Je ne sais pas si c’est un compliment ou pas, mais tu as trop un regard d’expert, pour le moment.

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