Juno

En cloque, mode d’emploi

Juno, lycéenne de 16 ans, est enceinte. Refusant d’avorter, elle décide de faire adopter le bébé. Avec l’aide de sa meilleure amie Leah, elle farfouille dans les annonces du journal, trouve un couple en apparence parfait, et annonce à Paulie Bleeker qu’il est le père.Cette grossesse risque d’être riche en émotions.

Le cinéma indépendant américain a de beaux jours devant lui et peut faire la fierté de son peuple. Il est un des seuls à pouvoir livrer des films aussi simples, attachants, drôles et tristes qui montrent des humains, tout simplement. Deux ans après la déferlante Little Miss Sunshine, Juno fait une entrée à son tour fracassante dans le monde du cinéma récoltant très bonnes critiques, de nombreux prix et une nomination "Meilleur film" aux oscars 08.Comme Garden State et Little Miss Sunshine, cultes du genre, Juno est tantôt léger, tantôt grave, parle de jeunesse paumée (à l’instar de Andrew dans GS et le fils dans LLM), d’amour et d’amitié, tout ça sur un ton politiquement incorrect. Parce que Juno, l’héroïne, ne fait rien comme tout le monde, se retrouve en cloque à 16 ans, n’a pas la langue dans sa poche et agit avec une nonchalance hilarante. Les réparties fusent avec elle. Sauf que sous ses airs de fille cool qui n’a peur de rien, perce sa véritable personnalité et une adolescente paumée et apeurée par cette grossesse non désirée. A l’heure où les comédies potaches sont de plus en plus à la mode, Juno prend le contre-pied et joue la finesse et la sensibilité. Grâce à qui? Diablo Cody, ex-strip-teaseuse, qui s’est lancé dans l’écriture, signant une autobiographie, un film d’horreur bientôt en tournage et une comédie dramatique nommée Juno. Jason Reitman (réal de Thank you for smoking, sympatique à voir) y croit et se lance dans l’aventure. Le film d’une maturité déconcertante est simple. C’est là sa plus grande force. Une simplicité due à son actrice principale,1 m57 de talent, 21 ans seulement (nominée aux oscars catégorie meilleure actrice) dont le nom tient en quelques lettres : Ellen Page. Connue pour son rôle de Kitty dans X-Men 3 et dans Hard Candy, elle montre ici toute l’étendue de son talent et confère à sa Juno une authenticité vibrante. Les autres acteurs sont très biens : Michael Cera en gentil copain, Jennifer Garner et Jason Bateman en couple au bord du gouffre, contrairement à ce que l’on pensait, et J.K Simmons père de la fameuse Juno qui l’aide dans cette épreuve. En effet, le père et la belle-mère de Juno l’aident et la soutiennent. Les personnages sont loin d’être tous stéréotypés et cachent une profondeur insoupçonnée. Ce portrait d’adolescente en cloque va, espérons le, faire razzia aux oscars…

Juno tient en quatre lettres sur le papier. En film, Juno est un film plus pertinent qu’on aurait pu le penser, mature et intelligent, politiquement incorrect, humain, tendre et d’une simplicité étourdissante. Cette simplicité est au cœur de cette comédie dramatique: avec du cœur et une bonne plume on peut écrire les meilleurs scénarios. Film générationnel, Juno est en passe de devenir l’un des meilleurs films de l’année et va faire de la jeune Ellen Page, la future star du cinéma indépendant.


 

5 thoughts on “Juno

  1. JUNO est le meilleur film de ces 2 premiers mois, incontestablement, un vent de fraîcheur et d’impertinence qui décoiffe tout sur son passage, Ellen Page la future grande star de demain!
    A voir et à revoir!

  2. Trés bonne critique et je suis complétement d’accord avec toi. Pour moi ce film est plein de fraicheur et de spontanéité notament dans les dialogues. Et que dire d’Ellen Page qui joue à merveille son role.

  3. Un film juste qui parle d’un fait d’actualité courant de nos jours.
    Juno prend néanmoins cette nouvelle avec calme et dérision et cela ne la terrorise même pas. Elle se souci toutefois de cette enfant qu’elle appele une « chose » (une certaine forme de détachement vis à vis de ce petit être innocent) en voulant à tout prix qu’il soit dans une bonne famille où on l’aimera et s’occupera de lui comme il faut = instinct maternelle.

  4. « Juno » parle avec beaucoup de justesse d’un sujet tout sauf évident et accessible. La morale ne pue pas tant que ça le conservatisme, je trouve.
    Par contre, contrairement à Garden State, « Juno » manque cruellement et indéniablement de style, de poésie. La nomination à l’Oscar du meilleur film me paraît d’ailleurs énormément surestimée.
    C’est juste un petit film, simple, charmant et oubliable.

  5. Politiquement incorrect « juno »????
    A mon sens, ce film prône plutôt des valeurs on ne peut plus moralistes et retrogrades. Il n’y a qu’à voir la représentation du planning familial et la version angelique faite de l’abandon de son enfant (Juno reprend sa vie normale, son insousciante adolescance, son flirt et sa guitare, tout ça sans traumatisme et sans état d’ame). Une bonne morale bien conservatrice qui plaira à l’amérique puritaine. Du coup, la comparaison avec « Garden State » et surtout avec l’irrévérencieux « Little miss sunshine », qui a été faite par de nombreux journaux, me semble assez improbable…
    Mais bon, après chacun son avis…

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