Half Nelson

Requiem for a dream
 

Ryan Gosling. Colifilms Diffusion

Shareeka Epps et Ryan Gosling. Colifilms Diffusion

Dan Dunne est un jeune prof à Brooklyn dans un lycée pour ados en difficultés. C’est aussi un camé, un drogué prisonnier de sa dépendance. Un jour, une des ses élèves, Drey, le trouve mal en point dans les toilettes du lycée en train de fumer du crack.

Half Nelson fait partie de ce cinéma rare et précieux : le cinéma indépendant américain a encore de beaux jours devant lui. Au départ, c’est une simple histoire entre un drogué et une jeune fille qui veut l’aider. Au final, c’est un uppercut qui vous laisse KO. Parce que le film de Ryan Fleck cultive la discrétion, la simplicité et l’originalité. Caméra à l’épaule, le jeune réalisateur efface bien vite les liens qu’on pourrait faire avec Requiem for a dream. Certes ce film parle de drogues et d’humains, mais aussi d’autre chose. Comme d’une relation presque dérangeante entre un prof et son élève. Le style de mise en scène pourrait en rebuter certains : caméra tout le temps en mouvement, image pas très nette…Et pourtant, cet anti-académisme fait beaucoup pour le film. Parce que la vie c’est pas seulement une image nette, propre, sans défauts, qui reste fixe. Les minutes s’égrènent sur le rythme d’une bande-son mélancolique, à l’image du film. La plupart des scènes se passent de paroles: les gestes et les regards suffisent. Suffisent pour montrer l’abîme dans laquelle Dan se noit, cette tentative de s’accrocher à quelque chose pour ne pas couler à jamais, cette amitié pas vraiment comme les autres, l‘adolescence de Drey passée trop vite, l’absence d’un frère ou d’une femme, des parents qui ne voient rien (ou ne veulent pas voir)…Mais Half Nelson c’est surtout une nomination à l’oscar pour Ryan Gosling. On le savait très bon acteur depuis N’oublie jamais, on ne savait pas qu’il pouvait donner autant. Parce que ce qu’il donne, c’est son âme, son corps…tout. S’offre tout entier à Dan, drogué, brillant mais souffrant. Il y a des accents deanesques en lui, mais on ne le comparera pas à son prédécesseur, James Dean. La comparaison ne pourrait que l’assombrir. On dira simplement qu’on a rarement vu un jeune comédien aussi doué, aussi plein d’aura et de charisme. Et pourtant, face à lui, la jeune Shareeka Epps s’impose. On ne peut que lui souhaiter une carrière comparable à son partenaire.
 

Colifilms Diffusion

 

 

 

 

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