Les 8 Salopards

8 salopards

Si vous n’aimez pas les films bavards, passez votre chemin ! Le nouveau film de Quentin Tarantino dure 2h45 et les personnages ne s’arrêtent jamais de parler. Donc, si vous n’aimez pas les films bavards et long, allez voir autre chose. Quand aux autres, restez, car ces 8 Salopards valent le coup d’œil, bien que le film soit inférieur à Django Unchained, le meilleur film de Tarantino à mon sens.

Tout commence sur une route enneigée, quelques années après la Guerre de Sécession. Warren arrête une diligence et espère pouvoir y monter, lui et les trois affreux qu’il a tué et qu’il veut ramener à Red Rock pour toucher les primes. Son cheval est mort, le blizzard est de plus en plus intense, le froid le tuera s’il ne se met pas à l’abri. Le but est de rejoindre une auberge. L’homme dans la diligence est John Ruth, dit Le Bourreau, un chasseur de primes redoutable, qui ramène à Red Rock également, Daisy Domergue, une dangereuse hors la loi recherchée. Sur le chemin, le nouveau shérif de Red Rock, Chris Mannix, se rajoute à la compagnie et c’est ainsi qu’ils arrivent chez Minnie, seul refuge sur cette rouge enneigée.

Jubilatoire pourrait être le mot qui définit le mieux le nouveau film de Quentin Tarantino. De tous les excès (longueur, violence….), Les 8 Salopards s’inscrit dans le genre du western mais n’en est pas vraiment un. Inclassable peut-être, drôle souvent. Tarantino dresse un portrait glaçant d’une Amérique en proie à ses démons après la Guerre de Sécession, guerre qui a vu s’opposer le nord et le sud dans un conflit sanglant et haineux. Les 8 salopards qui se retrouvent coincés dans ce refuge, représentent les tourments de leur pays : racisme, haine de l’autre, anti-féminisme ambiant…La violence est extrême, le huis clos se transforme en règlement de compte, sorte de « petits meurtres entre amis ». Le cinéaste joue habilement avec la mise en scène, dissémine de nombreux détails et n’hésite pas à utiliser des flash-backs. Cela donne une dynamique au film, plutôt long, couplé avec de fantastiques dialogues, efficaces, plein de jeux de mots et d’humour. Qui dosent savamment le suspense. Les 8 Salopards aurait pu être une pièce de théâtre. C’est avec délice que l’on se laisse piéger par le scénario.

Filmé en 70 mm, le film est beau, les images sont belles, Tarantino honore la tradition des westerns tout en jouant avec les codes. Il a également piqué Ennio Morricone pour la musique. On se croirait presque dans un western traditionnel avec James Stewart. Sauf que à la place du gentil cow boy qui veut faire respecter la loi, ce sont 8 salopards qui vont jouer à un jeu de massacre réjouissant, bien que tournant un peu en rond à la fin. C’est fun mais il manque quelque chose pour atteindre la note suprême. Il y a quelques longueurs dans cette surenchère d’effets et de dialogues. Mais les acteurs restent excellents jusqu’au bout. Film de dialogues et d’acteurs avant tout, les 8 Salopards saura réjouir les fans du cinéaste mais risque de laisser sur le bas côté les moins aguerris et les moins admiratifs du réalisateur.

8 salopards 1

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *