The Lost City of Z

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L’histoire vraie de Percival Harrison Fawcett, un des plus grands explorateurs du XXe siècle. Percy Fawcett est un colonel britannique reconnu et un mari aimant. En 1906, alors qu’il s’apprête à devenir père, la Société géographique royale d’Angleterre lui propose de partir en Amazonie afin de cartographier les frontières entre le Brésil et la Bolivie. Sur place, l’homme se prend de passion pour l’exploration et découvre des traces de ce qu’il pense être une cité perdue très ancienne. De retour en Angleterre, Fawcett n’a de cesse de penser à cette mystérieuse civilisation, tiraillé entre son amour pour sa famille et sa soif d’exploration et de gloire…

Avec The Immigrant (2014), James Gray peine à retrouver la grandeur de ses premiers films. The Yards, La nuit nous appartient, Two Lovers sont des films précieux, pas forcément parfaits, mais fulgurants, plein de grâce, de fureur et de passion, réalisés avec fougue et souffle, touchant juste et fort. En seulement quelques films, il est devenu un grand cinéaste, parmi les meilleurs. Mais The Immigrant est moins émouvant, moins marquant, moins puissant même si très beau esthétiquement et de très bonne facture. Peut-être est-ce le fait d’adapter un récit historique « tiré de faits réels ». Ce que le réalisateur fait à nouveau avec ce projet porté durant de longues années, The Lost City of Z, portrait d’un explorateur du XXe siècle, Percival Harrison Fawcett. Et la réussite est presque totale. En plongeant dans l’Amazonie du XXe siècle, c’est non seulement des paysages sublimes que nous allons découvrir (le directeur de la photographie est Darius Khondji, un des plus grands), mais aussi l’homme qu’est Percy Fawcett. Père et mari aimant, ambitieux et souhaitant rétablir son nom, qui va devenir obsédé par cette cité perdue, celle qu’il nommera Z, écartelé entre sa vie de famille en Angleterre et les terres inconnues, pleines de dangers et de promesses de l’Amazonie. James Gray nous fait vite comprendre que le sujet principal de son film ne sera pas cette cité perdue, qu’il n’y aura pas d’action comme dans un Indiana Jones, et que l’exploration de ces terres mystérieuses sera aussi – surtout – celle, intérieure, de notre héros, Percy. L’intelligence et la beauté de ce film sera de nous raconter la quête intime d’un homme à travers sa recherche quasi-obsessionnelle de Z. Le rêve contre la réalité, la liberté contre la société étouffante (on se rappelle la scène au début dans laquelle Nina, sa femme, se plaint de son corset). The Lost City of Z est un grand film qui sait être épique et puissant tout en se parant d’un certain classicisme, en surface. Le scénario du cinéaste se déploie sur plusieurs années, jouant avec les ellipses, nous faisant passer des rives de l’Amazonie à la Société géographique royale d’Angleterre, en brossant le portrait d’un homme complexe. Tout en privilégiant les personnages secondaires, très importants, qui gravitent autour de Percy : sa femme Nina, femme courageuse, amoureuse et éprise de liberté (jouée avec pudeur et force par Sienna Miller, excellente), ses enfants, notamment son fils aîné (Tom Holland) et ses partenaires d’exploration, dont Henry Costin (Robert Pattinson, très bien) avec qui une relation très forte se nouera. The Lost City of Z ne ressemble pas à ce que James Gray a fait auparavant, le cinéaste se renouvelle tout en gardant des thématiques qui lui sont chères (la famille, l’envie de liberté…) et continuant à brosser le portrait d’hommes passionnants, torturés, un peu fous mais émouvants.

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