Dunkerque

1h47 pour un film de Christopher Nolan, c’est court. Nous étions habitués à des œuvres de 2h30 (Interstellar, les Dark Knight, Inception). A de la science-fiction aussi. Ici, le cinéaste se lance sur un nouveau terrain de jeu. Le film de guerre. Avec une durée ramassée, 1h47 donc, pour faire monter la pression. Pour nous immerger dans ces quelques jours, ces quelques heures, décisifs. Nous sommes en mai 1940. Les troupes alliées ont été repoussées sur les plages de Dunkerque. Cibles trop faciles pour l’ennemi, elles doivent êtres évacuées d’urgence par bateaux. Les bombes tombent, les bateaux remplis de soldats échouent, l’attente est longue, stressante, la mort peut venir du ciel à tout moment. Christopher Nolan privilégie trois points de vue différents qui ne cesseront de se mêler : celui de jeunes soldats cherchant à tout prix à survivre, celui d’un homme et son fils prenant leur bateau pour venir en aide aux soldats et celui de deux pilotes de la Air Force. Le montage ne laisse pas le temps de s’ennuyer. Le maître mot de Dunkerque sera immersif. Après une très belle première séquence (la ville déserte et silencieuse, qui cache de terribles dangers), le film nous entraîne sans temps mort dans cette fuite en avant, cette lutte pour la survie. Pour moi, la meilleure idée du cinéaste est la bande sonore. La musique de Hans Zimmer est quasi-omniprésente et se cale sur les « tic-tac » d’une montre, sans cesse, un battement annonciateur de mort, qui fait monter le climax (et lui permet de ne jamais retomber !). Scénaristiquement, Dunkerque n’est pas forcément très riche, il y a quelques facilités, quelques scènes tire-larmes dont on aurait peut-être pu se passer. Mais impossible de ne se laisser emporter par le spectacle. Christopher Nolan a une maîtrise et un talent incroyables : la lumière est sublime, la qualité de l’image itou, le montage réussi car il tient en haleine tout du long, le casting très bon, la bande son parfaite, les personnages pour la plupart empathiques (comment ne pas trembler pour et avec eux ?). Bref, à l’heure actuelle Christopher Nolan est un des rares à savoir mêler film d’auteur et blockbuster (il y a aussi Denis Villeneuve depuis quelques années). A réinventer le cinéma contemporain. Vivement la suite.

 

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