A Single Man

Chic et choc

 

Colin Firth et Julianne Moore. Mars Distribution

Colin Firth. Mars Distribution

George aime Jim. 16 ans qu’ils sont ensemble, heureux, et un accident de voiture bouleverse la vie de George. Jim est mort, George souffre terriblement. Et un matin, décide d’en finir.

C’est beau, diablement beau mais aussi terriblement tragique. Délicat drame de Tom Ford, couturier devenu ici réalisateur, A Single Man envoûte. Par son esthétique travaillée, sa beauté froide et cette histoire d’amour entre George et Jim, le vivant et le mort. On sent que Ford a travaillé jusqu’au moindre détail son film, en faisant une œuvre d’art à part entière, qui ne ressemble à aucune autre même si on peut la rapprocher des films de Wong Kar-Wai (d’ailleurs Ford a confié la musique à Umebayashi, compositeur qui travaille aussi pour W. Kar-Wai – magnifique musique qui hante le film). Certains resteront à la porte de cette œuvre stylée et stylisée, les autres y entreront à pas feutrés, suivant George (Colin Firth, magnifique, bouleversant) dans cette journée décisive. Parce qu’il a décidé de mourir. Parce que ce que lui réserve le destin va le (nous) surprendre. Et peut-être lui faire accepter, comprendre qu’il est encore possible de vivre, même sans Jim (Matthew Goode, impeccable). A travers une reconstitution des années 60 élégante, George se souvient, revit son passé et retrouve son amour perdu. Avant de retourner à la réalité, terne et douloureuse. George a mal au cœur, mal d’aimer un homme qui n’est plus, et cela le tue à petit feu. Dès le début, par un geste, celui de mettre un revolver dans son sac, George nous prévient: A partir de là, on n’a de cesse de ce sera son dernier jour. A partir de là, on n’a de cesse de capturer chaque instant, comme si c’était le dernier. Et alors apparaissent des personnages, un bel étudiant au regard bleu azur (Nicholas Hoult, séduisant et un brin ambigu) qui comprend ce qu’il y a derrière les yeux tristes de George, Charley (Julianne Moore, jamais aussi belle que dans ce film), sa meilleure amie qui elle aussi n’arrive plus à avancer, empêtrée dans son passé, ses échecs, ses peurs et l’alcool. Il y a alors de l’espoir, des moments de vie, de la vie tout simplement. Tom Ford s’est approprié l’histoire de cet homme, en faisant un somptueux écrin, où il magnifie ses personnages, et surtout les hommes, George, Jim, Kenny. En inscrivant son film dans les années 60, il aborde également l’homosexualité à l’époque, alors tabou, cachée, « invisible » comme le dit George. Mais il ne s’appesantit pas sur la critique sociale, ni sur le contexte historique (Cuba, Russie) qui est cité quelques fois. Sinon quelques références apparaissent au détour d’une scène, de Psychose (de Hitchcock) à Truman Capote et son Petit déjeuner chez Tiffany en passant par James Dean. C’est classe, élégant, sublime. Un petit bijou.

 

 

 

Mars Distribution

 

 

 

 

 

 

8 thoughts on “A Single Man

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